AID Association initiatives dionysiennes
Décès ce 5 Décembre 2013 de Nelson Mandela

Lumière de notre temps : merci, Madiba

Par Bruno Bourgeon

vendredi 6 décembre 2013 par JMT

Asimbonanga

Asimbonang’ uMandela thina

Laph’ekhona

Laph’ehleli khona

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EPITAPHE

Vous êtes né le 18 juillet 1918, dans la tribu de Madiba. A l’âge de 26 ans, en 1944, vous intégrez l’ANC (Congrès National Africain). Vous participez à la lutte d’abord pacifique contre la minorité blanche en Afrique du Sud et sa politique de ségrégation raciale.

L’ANC dissoute en 1948, et voyant que la lutte pacifique ne donnait rien, vous prenez la tête de la branche militaire de l’ANC, et menez à partir de 1961 une campagne de sabotage contre les institutions civiles et militaires sud-africaines.

Vous êtes arrêté en 1963 par la police avec l’aide de la CIA.

Après 27 années d’emprisonnement, souvent dans des conditions très dures, comme à Robben Island, au large du Cap, où vous passez 18 années

Vous êtes libéré le 11 février 1990, et cherchez alors la réconciliation avec le gouvernement de Frédérik de Klerk, pressentant que le peuple Afrikaaner s’accrocherait au pouvoir tant qu’il aurait peur de l’après, peur de la démocratie. Pour avoir mis fin à l’apartheid, vous recevez de concert en 1993 le prix Nobel de la Paix.

Vous devenez le premier président noir d’Afrique du Sud en 1994. Vous prônez la réconciliation nationale, puis vous retirez de la vie politique après un unique mandat.

Vous resterez une personnalité mondialement écoutée, comme le père de la « nation arc-en-ciel », malgré les difficultés économiques et sociales persistantes de l’Afrique du Sud.

Votre départ le 5 décembre 2013, à l’âge de 95 ans, fait de vous, pour la postérité, l’une des personnalités politiques les plus marquantes du 20ème siècle, ayant contribué à rehausser l’humanisme chez l’Homme, au même titre que Martin Luther King ou Mohandas Gandhi.

Pour cela, pour tout ce que vous avez réalisé, pour avoir été l’un des phares de notre temps, pour avoir éclairé de votre personnalité les luttes anti-raciales, merci, Madiba. Merci d’avoir été. Vous ne disparaîtrez pas de notre mémoire collective que vous continuerez, par votre lumière, de guider.

Dr Bruno Bourgeon Association Initiatives Dionysiennes

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Epitaphe à Mandela

paru dans Zinfos974 le 6 décembre 2013 à 09:10

HYMNE DE JOHNNY CLEGG POUR MANDELA

* Vidéo Asimbonanga avec Mandela live

* Vidéo Asimbonanga Dailymotion

* Vidéo Asimbonanga Youtube

* Un été, une chanson sur France -Info

1988 : " Asimbonanga " par Johnny Clegg

Paroles et traduction de « Asimbonanga (Mandela) »

Asimbonanga (Mandela) (Nous Ne L’avons Pas Vu (Mandela) (1))

[Chorus] (x2)

[Refrain] (x2)

Asimbonanga Nous ne l’avons pas vu

Asimbonang’ uMandela thina Nous n’avons pas vu Mandela

Laph’ekhona A l’endroit où il est

Laph’ehleli khona A l’endroit où on le retient prisonnier

*************

Oh the sea is cold and the sky is grey Oh, la mer est froide et le ciel est gris

Look across the Island into the Bay Regarde de l’autre coté de l’Ile dans la Baie

We are all islands till comes the day Nous sommes tous des îles jusqu’à ce qu’arrive le jour

We cross the burning water Où nous traversons la mer de flammes

[Chorus] (x2) [Refrain] (x2)

A seagull wings across the sea Un goéland s’envole de l’autre coté de la mer

Broken silence is what I dream Je rêve que se taise le silence

Who has the words to close the distance Qui a les mots pour faire tomber la distance

Between you and me Entre toi et moi ?

[Chorus] (x2) [Refrain] (x2)

Steve Biko, Victoria Mxenge, Neil Aggett Steve Biko (2), Victoria Mxenge (3), Neil Aggett (4)

Asimbonanga Nous ne l’avons pas vu(e)

Asimbonang ’umfowethu thina (Asimbonang ’umtathiwethu thina) Nous n’avons pas vu notre frère (Nous n’avons pas vu notre soeur)

Laph’ekhona A l’endroit où il (elle) est

Laph’wafela khona A l’endroit où il (elle) est mort(e)

Hey wena, hey wena Hé, toi ! Hé toi !

Hey wena nawe Hé toi, et toi aussi !

Siyofika nini la’ siyakhona Quand arriverons nous à destination ?

[Chorus] (x4) [Refrain] (x4)

(1) Asimbonanga est un hymne à la libération de Nelson Mandela, figure emblématique Sud Africain de la lutte anti-apartheid, prisonnier politique de 1964 à 1990, soit 26 ans !

(2) Steve Bantu Biko (1946-1977), philosophe noir, une figure et un martyr de la lutte contre l’apartheid, mort après 2 semaines de détention, sans procès.

(3) Victoria Mxenge (1942-1985), avocate noire symbole de la lutte contre l’apartheid également arrêtée et assassinée avant le procès en 1985.

(4) Neil Aggett, médecin et syndicaliste blanc figure de la lutte anti-apartheid lui aussi, torturé et assassiné en prison en 1982.

ASIMBONANGA ("Nous ne l’avons pas vu")

Le Monde

C’est fou ce que peut provoquer une chanson. Allumer une mer de briquets, inciter des milliers d’individus à chanter dans une langue inconnue. Asimbonanga a ce pouvoir singulier. En 1988, le public français communie toutes flammes dehors en chantant en zoulou. Quand Johnny Clegg entonne son refrain, appelé à devenir l’un des hymnes de la lutte anti-apartheid dans le monde et le tube de l’été en France, cela produit à chaque fois les mêmes effets.

Cette année-là, le chanteur sud-africain blanc, qui a eu l’audace, dans l’Afrique du Sud ségrégationniste, de monter successivement deux groupes célébrant la mixité raciale (Juluka, puis Savuka), devient une star dans l’Hexagone, où il donne une quarantaine de concerts devant des salles pleines à craquer (sept concerts à guichets fermés au Zénith de Paris, une foule immense au Printemps de Bourges). Il arrive au moment où la musique africaine connaît son âge d’or en France et intègre dans ses spectacles de longs passages de danse zouloue qui font sensation.

Parmi ceux qui craquent pour l’homme surnommé le "Zoulou blanc", bien peu savent qu’Asimbonanga a une autre intention que celle de faire jaillir une nuée de lucioles dans les salles.

Enregistrée en 1986 en Afrique du Sud, l’année où Johnny Clegg donne son premier concert en France au festival Musiques métisses d’Angoulême, cette chanson est un acte ouvertement militant. La première dans l’histoire de la musique où le nom de Mandela est évoqué. Lors de sa sortie en Afrique du Sud, elle se voit immédiatement interdite sur les antennes. Dans les clubs, les salles où elle est interprétée à Johannesburg, certains quittent la salle, d’autres acquiescent en levant le poing, se souvient Christian Mousset, directeur de Musiques métisses, festival qui depuis sa création s’est s’inscrit comme l’un des fers de lance de la lutte anti-apartheid en France.

Condamné à la prison à vie en 1964 pour son opposition frontale à la ségrégation raciale institutionnalisée par le gouvernement sud-africain, Nelson Mandela est censé ne plus exister. Son nom même doit être oublié. "Nous ne l’avons pas vu" (traduction littérale d’Asimbonanga ), dit le refrain en zoulou, dont l’un des couplets (écrits, eux, en anglais) cite Steve Biko, Victoria Mxgengen, Neil Aggett, des militants de la lutte anti-apartheid assassinés.

"Il y avait plein de gens de la génération de Johnny Clegg qui savaient que Mandela existait, mais sans l’avoir jamais vu , raconte un proche du chanteur. La seule idée que l’on avait de lui, c’était l’île de Robben Island, à Cape Town, où il se trouvait enfermé." Dans Asimbonanga , Johnny Clegg reprend une phrase tirée d’une oeuvre de John Donne, poète et prédicateur anglais (1573-1631). "We are all islands" (nous sommes tous des îles), tous unis, car liés les uns aux autres par une même eau. Une mer que l’on va traverser un jour pour se retrouver, prédit le chanteur qui rêve d’un silence enfin brisé ("Broken silence is what I dream").

L’irrésistible ascension du "Zoulou blanc", né en Angleterre en 1953, installé en Afrique du Sud depuis les années 1960, commence en 1987, l’année où sort en France l’album Thirld World Child , qui contient Asimbonanga et Scatterlings of Africa , un autre de ses titres phares. Johnny Clegg fait entrer les couleurs de l’Afrique du Sud au hit-parade. Third World Child est propulsé au sommet du Top 30 des albums. La musique telle qu’elle se chante et danse du côté de Soweto devient soudain familière aux oreilles néophytes, interpellées déjà en 1986 par l’Américain Paul Simon, avec l’album Graceland , où l’on découvrait notamment le chant choral zoulou du groupe Ladysmith Black Mambazo.

Vendu à plus de 1 million d’exemplaires en France au début des années 1990, Thirld World Child est le premier album enregistré par Johnny Clegg avec son nouveau groupe, Savuka, créé en 1986 après la dissolution, l’année précédente, de Juluka, formé en 1976 avec son copain noir Sipho Mchunu. Les deux hommes se rencontrent pendant leur adolescence. Ils font de la musique ensemble dans les rues, les églises, les halls d’université. En 1979, ils sortent leur premier album, Universal Men . Six suivront, couronnés de succès. Une belle histoire à laquelle ils mettent fin en 1985, lorsque Sipho décide de retourner s’occuper de sa ferme.

Le Noir et le Blanc se retrouveront sur un album commun, resté sans suite, Crocodile Rock , sorti en 1997 en France. Entre-temps, Nelson Mandela a été libéré (en 1990, après vingt-six ans de captivité), il a reçu, conjointement avec Frederik De Klerk, le prix Nobel de la paix en 1993, est devenu président de la République d’Afrique du Sud l’année suivante (fonction qu’il occupera jusqu’en 1999).

"Je pourrais encore lui rendre hommage à travers une chanson" , déclare alors Johnny Clegg. "C’est un personnage qui a toujours eu une crédibilité extraordinaire. Il a su l’assumer en dépit de toutes les pressions qu’il a pu avoir sur les épaules, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de son propre parti, l’ANC Congrès national africain . Il a réussi à conserver cette image extrêmement forte." Pour l’heure, vingt ans après l’avoir conçue, Johnny Clegg continue d’interpréter Asimbonanga à chacun de ses concerts. Comme un hymne, genre dont, on le sait, les paroles se révèlent souvent franchement décalées sorties du contexte de l’époque où elles ont été écrites.

Patrick Labesse

LIENS

* Nelson Mandela, une vie en 10 images par Radio Canada

* Vidéo Asimbonanga avec Mandela live

* Vidéo Asimbonanga Dailymotion

* Vidéo Asimbonanga Youtube

* Un été, une chanson sur France -Info


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