AID Association initiatives dionysiennes
Histoire d’une espérance ?

LBSJS 66- 10 MAI 1981 à 2011, 30 ans de vie !

Débat organisé par Jean-Marc Tagliaferri

jeudi 5 mai 2011 par JMT

RDV à la « Pizzeria Napoletana » Mardi 10 Mai 2011, de 18h à 20h30,

65 Rue Alexis de Villeneuve (entre rue Auber et rue Gounod)

Tel 0262474880. Repas partagé pour ceux qui désirent continuer à échanger.

Plan d’accès

Affiche A4

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LBSJS66 Affiche

Présentation

Le 10 mai 1981 François Mitterrand est élu président de la République. Ce jour-là, la France se partage entre explosion de joie et désespoir. Pendant 5 ans la gauche sera au pouvoir puis 2 ans de cohabitation et 5ans à nouveau. Après le premier tour, les partis de gauche se sont rangés en bon ordre derrière Mitterrand.

A l’inverse, le président sortant Giscard d’Estaing voyait sa majorité s’effilocher jusqu’à la trahison de son rival politique Jacques Chirac qui refuse d’appeler ses militants à voter en faveur de son allié politique. Les communistes ont donné leurs voix aux socialistes, la peur du rouge plane, se partageant la place avec la lassitude d’une droite usée et divisée. Etrange paysage politique où Jean-Marie Le Pen et le FN n’obtiennent pas encore les 500 signatures nécessaires à une candidature et où Coluche a menacé la gauche de se présenter avant de jeter l’éponge en mars.

Le jour du deuxième tour chacun est à son poste, les médias sont en effervescence, Jean-Pierre Elkabbach et Jean-Marie Cavada en maîtres de cérémonie. Les candidats font le tour de piste traditionnel au bras de madame, bulletin de vote à la main. Les bouteilles de champagne sont au frigo, les roses attendent dans leurs pots. Le temps se dilate à l’infini entre l’ouverture des bureaux de vote et les premières estimations, l’enjeu du jour et le secret des sondages interdisant toute épaisseur du discours malgré l’entêtant ballet des lieutenants politiques à la radio et à la télévision.

premier tour 26 avril 1981

Valéry Giscard d’Estaing 8.222.432 voix 22,59 % des inscrits 28,32% des exprimés

François Mitterrand 7 505 960 voix 20,62 % des inscrits 25,85 % des exprimés

second tour 10 mai 1981

Valéry Giscard d’Estaing 14.642.306 voix 40,23 % des inscrits 48,24 % des exprimés

François Mitterrand 15 708 262 voix 43,16 % des inscrits 51,76 % des exprimés ELU

Comment et pourquoi la gauche a-t-elle retrouvé le pouvoir après 25ans d’opposition ?

Qu’en a-t-elle fait ?

Quel est le rôle personnel dans cette épopée de François Mitterrand, animal politique aux mille visages ?

Pourquoi la gauche n’a-t-elle plus gagné d’élection présidentielle depuis 1988, ni les législatives de 2002 et 2007 alors qu’elle a gagné les élections législatives de 1997 et toutes les élections locales et européennes depuis ?

Qu’est-ce que la gauche aujourd’hui ?

Quelles leçons peut-on en tirer, un an avant la présidentielle et les législatives de 2012 ?

Trentième anniversaire du 10 mai 1981 : la gauche voulait changer la vie

L’Humanité Hors-série 10 mai 1981 : un document pour l’histoire le 3 Mai 2011

Le nouveau hors-série de l’Humanité consacré au 30e anniversaire du 10 mai 1981 est disponible dans les kiosques. Dans 
un riche sommaire, il présente une table ronde des quatre ministres communistes et un entretien avec Pierre Mauroy.

Nous approchons du 10 mai, cette année, trentième anniversaire de l’élection, pour la première fois depuis la fondation de la Ve République, d’un président socialiste. L’accession de François Mitterrand à la plus haute charge de l’État après deux tentatives, en1965 et 1974, a débouché sur un autre événement sans précédent  : l’entrée, un peu plus d’un mois plus tard, de ministres communistes dans un gouvernement de gauche.

Il y avait déjà eu en France un président socialiste, mais le titulaire de la fonction, Vincent Auriol, élu en 1947 par le Parlement ne jouait, aux termes de la Constitution de la IVe République, qu’un rôle de représentation. Il y avait également déjà eu des ministres communistes, dont l’œuvre est entrée dans l’histoire, comme Ambroise Croizat, fondateur de la Sécurité sociale, mais ces ministres participaient aux gouvernements mis en place dans la foulée de la Libération en1944 et 1947.

L’expérience politique qui s’ouvre en 1981 et s’achèvera le 18 juillet 1984 avec le retrait du PCF du gouvernement est donc un sujet d’histoire unique. Il n’a, à ce jour, jamais été renouvelé, puisque le gouvernement Jospin (1997-2002), auquel participaient une nouvelle fois des ministres communistes fut mis en place sous le règne de la cohabitation avec Jacques Chirac à l’Élysée.

Il n’est pas étonnant de voir apparaître dans les rayons des librairies une importante production éditoriale alors que dans les kiosques la presse se prépare à livrer des numéros spéciaux et des hors-séries sur ces années 1980, marquées par l’espoir, par un chantier du changement trop vite abandonné sous l’effet des vents dominants du libéralisme, et enfin par l’amertume d’un peuple enjoint d’apprendre le renoncement.

L’Humanité ne pouvait rester en dehors de cet anniversaire. Dès aujourd’hui paraît un hors-série de 84 pages sous le titre  : 1981, histoire d’une espérance. L’objectif n’est pas de nourrir une sorte de nostalgie couleur sépia ni de se faire l’hagiographe ou au contraire le contempteur de François Mitterrand et de son parcours politique, mais de questionner avec le recul d’un tiers de siècle un cheminement historique de la gauche entre le mouvement de mai 1968 qui n’avait pas eu d’immédiats débouchés politiques et la longue marche vers le programme commun (1972), vers l’échec de son actualisation (1977) et enfin la victoire de la gauche suivie de mesures sociales et économiques importantes  : la retraite à soixante ans, la réduction du temps de travail de quarante à trente-neuf heures par semaine, la cinquième semaine de congés payés, les nationalisations, l’abolition de la peine de mort… Le PCF, qui avait tant milité pour l’union de la gauche, perd sa première place au sein de celle-ci au moment où elle l’emporte.

Dans cet ouvrage, nous avons privilégié les rencontres avec les acteurs de cette expérience historique. Pour la première fois depuis leur départ du gouvernement, en 1984, l’Humanité a réuni pour une table ronde les quatre ministres communistes du gouvernement Mauroy  : Charles Fiterman, Anicet Le Pors, Jack Ralite et Marcel Rigout, qui nous livrent l’évaluation de leur activité et de celle du gouvernement. Sur ce bilan et sur les rapports entre le PS et le PCF, Pierre Mauroy revient longuement dans une interview exclusive.

Roland Leroy, André Lajoinie, Louis Mermaz, Pierre Juquin, René Piquet, Francette Lazard, Paul Quilès, Francis Wurtz figurent parmi les anciens dirigeants communistes et socialistes, tous témoins et acteurs, donnent leurs appréciations sans tabou. Georges Séguy, alors secrétaire général de la CGT, nous rappelle le rôle que joua le mouvement syndical dans le bilan social de la gauche au pouvoir. Pierre Laurent tire ses propres enseignements pour le combat politique d’aujourd’hui comme premier dirigeant actuel du PCF.

Ce hors-série de l’Humanité, à bien des égards, est un document pour l’histoire. Le bilan de 1981, la démarche du programme commun qui donna du sens à l’engagement militant de centaines de milliers de communistes, les rapports entre socialistes et communistes à cette époque ont été longtemps des sujets de débat occultés, tant le sujet restait sensible et pesait sur les controverses du présent.

Il n’échappera à aucun lecteur que les différents points de vue exposés au fil des pages diffèrent, voire divergent. En cela, nous avons rempli notre premier objectif  : décrisper un débat sur un sujet d’histoire aux résonances encore très fortes.

Trente ans c’est peu à l’échelle de l’histoire et c’est beaucoup aujourd’hui. Même si la gauche n’est pas parvenue à changer la vie comme elle le proclamait alors et que le temps a changé le monde, changer la vie est toujours l’objectif pour quiconque croit possible et nécessaire la transformation sociale.

Jean-Paul Piérot

1983 : le « tournant » en question

par Vincent Duchaussoy Floriane Galeazzi

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L’année 1983 est restée dans les mémoires comme celle du « tournant de la rigueur » qui porte un coup d’arrêt à l’euphorie des premiers temps de la gouvernance socialiste. L’analyse de F. Galeazzi et V. Duchaussoy invite à substituer à l’image d’un retournement brusque celle d’un infléchissement progressif de la politique économique. Synthèse

1983 : le « tournant » en question

L’année 1983, deux ans après l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République, est traditionnellement perçue comme l’année du « tournant de la rigueur ». Face aux difficultés économiques rencontrées, le gouvernement de la gauche se serait trouvé brusquement contraint de modifier sa feuille de route et d’infléchir sa politique économique, reléguant l’idéologie au second plan au profit d’un plus grand réalisme politique.

A l’issue de la table ronde organisée le 23 mars 2011 par l’Institut François Mitterrand et la Fondation Jean-Jaurès, Floriane Galeazzi et Vincent Duchaussoy se proposent d’examiner les tenants et les aboutissants du changement de cap de la politique socialiste et d’interroger à nouveaux frais la validité de ce schéma.

Comment faut-il comprendre la dévaluation de mars 1983 ? Pour l’opinion de l’époque, il s’agit bien d’un véritable renversement par rapport à la ligne politique suivie jusqu’alors. On va jusqu’à parler de reniement voire de trahison du dogme socialiste pour une politique néolibérale.

C’est aujourd’hui encore l’idée fondamentale qui prévaut dans la majorité des analyses de la politique française de 1983, celle d’un passage brutal d’une politique redistributrice à une politique restrictive.

L’examen ici proposé invite à nuancer ce schéma, à travers l’analyse des différents facteurs qui ont déterminé le gouvernement de l’époque à adopter une politique d’austérité.

Le premier type de contrainte est constitué par le contexte économique international, gravement marqué par le choc pétrolier de 1979 et qui affecte particulièrement la France. Au moment où se font sentir les premiers effets de la mondialisation de l’économie, le gouvernement ne semble pas avoir pris la mesure de l’importance du contexte international dans la mise en place d’une politique nationale. Les déficits s’accumulent, d’autant plus que la priorité a été donnée à l’emploi et au social plutôt qu’aux fondamentaux économiques.

Un second type de contrainte tient aux enjeux de politique extérieure. Pendant un temps, il est question de sortir le franc - malmené par les spéculateurs - du Système monétaire européen (SME), ce qui permettrait à l’Etat de mener librement sa politique économique et monétaire et de s’affranchir des critères de convergence portés par le SME. Mais c’est sans compter le risque de compromettre à la fois les progrès de la construction européenne et les bonnes relations avec le voisin allemand. François Mitterrand opte finalement pour le maintien du franc dans le SME et décide d’adopter une politique plus restrictive, conformément aux recommandations de l’Allemagne.

Le dernier type de contrainte est de nature interne et réside dans les enjeux idéologiques. Un malaise politique et des divisions profondes se font jour au sein du gouvernement qui, s’ils ne peuvent à eux seuls expliquer le tournant de 1982-1983, sont à prendre en considération.

Il apparaît ainsi à l’analyse que l’idée du retournement brutal est peut-être impropre à représenter la réalité du changement de politique du gouvernement socialiste en 1983, et qu’il serait plus juste de schématiser celui-ci par une courbe progressive ponctuée par les deux principaux « pics » que constituent les tournants de juin 1982 et de mars 1983. La réorientation de la politique économique du gouvernement de gauche est à la fois plus précoce et plus lente que ne l’affirme la vulgate.

Liens

* Les chiffres de l’élection présidentielle du 10 Mai 1981

* le 10 Mai 1981 sur France Culture La Fabrique de l’Histoire par Emmanuel Laurentin

* Trentième anniversaire de l’élection de François Mitterrand Posté par Ségolène Royal sur son blog dans Actualités, François Mitterrand le 26 avril 2011

* l’Institut François Mitterrand

Fondation reconnue d’utilité publique, l’Institut François Mitterrand mène une activité d’ordre scientifique. Dans ce centre d’études pour la connaissance de l’histoire de notre temps, les chercheurs disposent d’une bibliothèque, d’archives et d’une large documentation tant sur François Mitterrand que sur la vie politique et sociale de notre pays.

* Les amis de l’Institut François Mitterrand

La nature juridique de l’Institut François Mitterrand le prive du concours que seraient prêts à lui accorder des adhérents qu’une fondation ne peut avoir. C’est à cette impossibilité que répond la création de l’Association des Amis de l’IFM. Elle se doit de réunir les différentes " Générations Mitterrand " désireuses de transmettre le message qu’elles ont reçu et de faire vivre l’espérance qu’elles ont elles-mêmes vécue.

* La Fondation Jean Jaurès

* Le 10 Mai sur Wikipédia

Vidéos

PROCHAINES SEANCES PROGRAMMEES

·Mardi 24/5/2011 CAFECO 164

·Mardi 14/6/2011 LBSJS 67

Connaissez-vous l’émission « modeste et géniale » de Daniel MERMET sur France-Inter (98.8Mhz à St Denis) à 15h05 (heure métropole) soit 17h05 (heure Réunion ) ?

Voir sur http://www.radiofrance.fr/chaines/france-inter01/emissions/labas/ et sur http://www.la-bas.org/

mél : labassijysuis@radiofrance.com

répondeur pour vos messages : 01 56 40 37 37

Contacts GSM : Philippe B. : 0692 88 21 48 ou JMT : 0692 02 92 71 jean-marc.tagliaferri@wanadoo.fr

Retrouvez le Repaire et sa documentation sur le site web : http://aid97400.lautre.net

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