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Sarko Nico s’en va-t-en guerre contre les roms, mi-rom-ton mi-rom-ton mi-rom-taine...

ROMS (suite)

... car il faut bien faire oublier tout ce qui cloche (bling-bling !) par ailleurs !

dimanche 1er août 2010 par JMT

Le gouvernement roumain a nommé un secrétaire d’Etat chargé de la réinsertion des Roms, notamment ceux rapatriés de France, a-t-on appris samedi auprès de son service de presse.

Le maire de Montreuil, Dominique Voynet (Verts), a dénoncé samedi "les amalgames qui ne font que souffler sur les braises déjà fumantes du racisme" concernant les Roms et gens du voyage, jugeant l’attitude de Nicolas Sarkozy "irresponsable".

Une vingtaine d’associations roumaines ont envoyé vendredi une lettre au secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes Pierre Lellouche l’invitant à visiter des communautés Roms de Roumanie pour y voir les conditions "dignes du Moyen Age" dans lesquelles vit cette minorité.

Dominique de Villepin a mis en garde vendredi sur RTL Nicolas Sarkozy quant à l’usage des "mots" en matière de sécurité critiquant l’emploi de celui de "guerre" par le chef de l’Etat, estimant également qu’il ne fallait pas se borner à une "idéologie" en la matière.

La moitié des 600 camps illégaux doivent être démantelés en trois mois, a annoncé mercredi Brice Hortefeux. Pour tenir son calendrier répressif, le ministre de l’Intérieur a précisé sur RTL qu’il y aura « deux démantèlements par semaine en province ».

Le député PS Gaëtan Gorce a demandé jeudi au ministre de l’Intérieur comment l’administration française allait identifier les Roms sans-papiers que le gouvernement entend renvoyer immédiatement en Bulgarie ou Roumanie en cas de délit.

Le président de la République a confirmé ce mercredi la fermeture de camps illégaux installés par les Roms et les gens du voyage.

Mercredi, Nicolas Sarkozy présidait à l’Elysée une réunion pour « faire le point sur la situation des Roms et des gens du voyage ». Entretien avec Martin Olivera, ethnologue spécialisé dans la communauté tzigane, pour mieux déconstruire les clichés répandus sur les Roms.

Le PS a dénoncé jeudi "la dérive sécuritaire et xénophobe du gouvernement" après les annonces concernant les gens du voyage par le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux et appelé à un "travail de fond" avec les collectivités locales et les associations sur la question.

Le député-maire PS d’Evry, Manuel Valls, a estimé jeudi que la réunion sur les gens du voyage à l’Elysée, illustrait "ce qu’est aujourd’hui le sarkozysme", à savoir, selon lui, "du bougisme" sans cap ni "hiérarchie dans les priorités".

Roumanie : désignation d’un responsable chargé de la réinsertion des Roms

AFP, Mise a jour : samedi 31 juillet 2010 16:13

Le gouvernement roumain a nommé un secrétaire d’Etat chargé de la réinsertion des Roms, notamment ceux rapatriés de France, a-t-on appris samedi auprès de son service de presse.

Roms : Mme Voynet dénonce "les amalgames" et "l’irresponsabilité" du chef de l’Etat

AFP, Mise a jour : samedi 31 juillet 2010 12:32

Le maire de Montreuil, Dominique Voynet (Verts), a dénoncé samedi "les amalgames qui ne font que souffler sur les braises déjà fumantes du racisme" concernant les Roms et gens du voyage, jugeant l’attitude de Nicolas Sarkozy "irresponsable".

Un ministre français invité à visiter les communautés Roms de Roumanie

AFP, Mise a jour : vendredi 30 juillet 2010 16:00

Une vingtaine d’associations roumaines ont envoyé vendredi une lettre au secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes Pierre Lellouche l’invitant à visiter des communautés Roms de Roumanie pour y voir les conditions "dignes du Moyen Age" dans lesquelles vit cette minorité.

Sécurité : Villepin met en garde Sarkozy sur les "mots" et "l’idéologie"

AFP, Mise a jour : vendredi 30 juillet 2010 10:26

Dominique de Villepin a mis en garde vendredi sur RTL Nicolas Sarkozy quant à l’usage des "mots" en matière de sécurité critiquant l’emploi de celui de "guerre" par le chef de l’Etat, estimant également qu’il ne fallait pas se borner à une "idéologie" en la matière.

Roms : un « festival de clichés éculés » qui indignent opposition et ONG, mais pas Bruxelles

29/07/2010 à 20h34

La moitié des 600 camps illégaux doivent être démantelés en trois mois, a annoncé mercredi Brice Hortefeux. Pour tenir son calendrier répressif, le ministre de l’Intérieur a précisé sur RTL qu’il y aura « deux démantèlements par semaine en province ».

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Et sur les 300 camps à balayer, a également précisé le ministre, 200 sont des camps de Roms, c’est-à-dire des citoyens venus principalement de Roumanie et de Bulgarie.

Tour de vis également sur les aides au retour, avec le recours à la biométrie. Ces aides (300 euros et un billet d’avion) sont « dévoyées », selon Brice Hortefeux. « Quand un rom sera reconduit chez lui, il y aura (...) une prise d’empreintes digitales. Comme ça, [les] allers-retours ne seront plus possibles. Il n’y aura pas possibilité de frauder ». 15.236 aides au retour ont été délivrées en 2009 pour un budget de 9 millions d’euros.

La Bulgarie approuve

Deuxième pays visé, la Bulgarie, où vivent quelque 800.000 Roms. Le gouvernement bulgare, lui, soutient le durcissement de la politique française. « Par principe, nous partageons l’idée que tous les citoyens doivent respecter la loi du pays dans lequel ils habitent », a déclaré la porte-parole du ministère bulgare des Affaires étrangères, Vessela Cherneva.

La Roumanie encaisse... plus ou moins

En Roumanie, les réactions se multiplient. Le ministre de la Justice, Catalin Predoiu, appelle à une « coopération réelle ». « Coopération ne signifie pas utiliser des bulldozers pour détruire des campements et blâmer publiquement la Roumanie, mais dépenser de l’argent pour la réinsertion sociale également dans les pays d’accueil », a-t-il ajouté.

Le ministère des Affaires étrangères s’est dit « ouvert à une poursuite de la coopération avec la partie française, aussi bien en matière policière qu’en termes de projets visant l’inclusion sociale ». Mais demande des « clarifications » à la France pour « évaluer la compatibilité de ses décisions avec la législation européenne ».

La Commission européenne ne trouve rien à redire

La Commission européenne a donné jeudi son assentiment à la décision du gouvernement français d’intensifier sa politique de démantèlement des camps illégaux de Roms et d’expulsion des délinquants vers la Roumanie et la Bulgarie. « Les lois européennes sur la libre circulation des citoyens européens donnent le droit aux Etats membres de contrôler leur territoire et de lutter contre la criminalité », a souligné le porte-parole de Viviane Reding, commissaire en charge de la Justice et des droits fondamentaux des citoyens.

L’opposition s’indigne

Le parti socialiste dénonce « la dérive sécuritaire et xénophobe du gouvernement ». « C’est d’un travail de fond associant l’Etat, les collectivités territoriales (notamment les mairies), les associations, les services sociaux et les professionnels éducatifs dont les gens du voyage ont besoin », souligne Pouria Amirshahi, secrétaire national PS aux droits de l’Homme.

Même son de cloche au PCF. « Ce gouvernement affaibli est dangereux. En le laissant surfer sur la vague sécuritaire, nous lui permettons à nouveau de diviser pour mieux régner », s’indigne Pierre Laurent, le secrétaire national.

Le NPA dénonce une « guerre aux pauvres » et une « stigmatisation ethnique ».

Nathalie Artaud, porte-parole de Lutte ouvrière parle d’une « politique raciste de Sarkozy menée par un Hortefeux récidiviste », en référence à la condamnation du ministre pour « propos outrageants », début juin.

Le député PS Gaëtan Gorce a adressé une question écrite à Brice Hortefeux à propos de la reconduite immédiate des Roms ressortissants d’Europe de l’Est en situation irrégulière. Il « souhaiterait savoir sur quels éléments l’administration française distinguera ces personnes des autres ressortissants de ces mêmes pays ».

Les ONG fulminent

« Le pire est arrivé », déplore Malek Salemkour, de la Ligue des droits de l’homme (LDH), pour qui les mesures annoncées sont des « mesures d’exception liées à l’origine ». SOS Racisme dénonce un « festival de clichés éculés entourant les populations visées : fraudeurs au fisc et non-respectueux de la loi ».

L’ Union des étudiants juifs de France (UEJF) a exprimé sa « consternation » face aux mesures de reconduite à la frontière envisagées. UEFJ, SOS Racisme et la Fnasat (Fédération nationale des associations solidaires d’action avec les Tsiganes et les gens du voyage) organiseront une réunion début septembre sur ces décisions. Les syndicats s’en mêlent

« Les propos tenus par le président de la République et par le ministère de l’Intérieur sont populistes et démagogiques et ne peuvent que faire le jeu de l’extrême droite », estime la CGT. La CFDT parle « d’instrumentalisation sécuritaire » et appelle « tous les salariés à refuser la création d’un climat de violence, de division et de stigmatisation de l’étranger ».

Les évêques aussi

Les évêques de Belfort et de Vannes estiment que « le remède à la peur et à l’insécurité ne se trouve pas dans une surenchère sécuritaire mais passe par une action de longue haleine nourrie de respect et de connaissance réciproques ». Monseigneur Raymond Centène, évêque de Vannes, a la responsabilité pour la pastorale des gens du voyage, et Monseigneur Claude Schockert, évêque de Belfort-Montbéliard, est en charge du Service national de la pastorale des migrants et des personnes itinérantes.

Gorce (PS) demande comment l’Etat va reconnaître les Roms expulsables

AFP, Mise a jour : jeudi 29 juillet 2010 17:51

Le député PS Gaëtan Gorce a demandé jeudi au ministre de l’Intérieur comment l’administration française allait identifier les Roms sans-papiers que le gouvernement entend renvoyer immédiatement en Bulgarie ou Roumanie en cas de délit.

Roms : Sarkozy ne plie pas face à la gauche

Par Anne Rovan 29/07/2010 à 16:56

Le président de la République a confirmé ce mercredi la fermeture de camps illégaux installés par les Roms et les gens du voyage.

À la suite de la réunion, ce mercredi, à l’Élysée, le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, a réaffirmé qu’il sera procédé à la reconduite « quasi immédiate » en Roumanie et en Bulgarie des Roms ayant commis des atteintes à l’ordre public. (crédits photo Philippe Huguen/AFP)

« Les lois de la République s’appliquent à l’ensemble des personnes présentes sur le territoire national, y compris aux populations nomades. »

En dépit de la polémique que ses déclarations de la semaine dernière avaient provoqué, Nicolas Sarkozy reste déterminé. La réunion ministérielle sur les gens du voyage et les Roms a bien eu lieu ce mercredi en fin d’après-midi, à l’Élysée.

Preuve que le président compte occuper le terrain de la sécurité et riposter aux violences qui ont eu lieu les 17 et 18 juillet à Saint-Aignan (Loir-et-Cher) et à l’attaque d’une gendarmerie dans cette commune.

Six membres du gouvernement étaient présents : le premier ministre, François Fillon, Michèle Alliot-Marie (Justice), Brice Hortefeux (Intérieur), Éric Besson (Immigration), Pierre Lellouche (Affaires européennes) et Benoist Apparu (Logement).

Dans le communiqué diffusé à l’issue de la rencontre, l’Élysée annonce ou confirme un certain nombre de décisions parce que « les gens du voyage ont les mêmes droits mais aussi les mêmes devoirs que tout citoyen français ».

Pour l’Élysée, l’objectif est de « prendre toutes les mesures nécessaires » pour que les « actes irresponsables » de Saint-Aignan « soient sévèrement sanctionnés et qu’ils ne puissent jamais se reproduire ».

Comme l’avait souhaité le chef de l’État, la police et la gendarmerie vont ainsi démanteler la moitié des camps illégaux -et reconnus comme tels par la justice- installés par des gens du voyage et des Roms, soit 200 camps d’ici à fin octobre.

En outre, a précisé le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, il sera procédé à la reconduite « quasi immédiate » en Roumanie et en Bulgarie des Roms ayant commis des atteintes à l’ordre public :

Parallèlement, dix agents du fisc seront dépêchés dans ces campements afin de « contrôler la situation des occupants ». Parmi les autres mesures annoncées : la reconduite à la frontière des ressortissants d’Europe orientale en situation irrégulière, une « convention » entre la France et la Roumanie en vue d’organiser le retour dans leur pays des « mineurs isolés roumains ».

Conscient du « risque d’amalgames »

Parce que les Roms ont aussi des « droits », le président souhaite « l’application effective de la législation en matière d’aires d’accueil, quitte à simplifier, s’il le faut, les textes ». Nicolas Sarkozy pointe les collectivités locales qui ne l’appliquent pas toujours ou avec beaucoup de difficultés.

En effet, selon les associations, le problème central est celui de l’habitat. La loi Besson de 1990, améliorée en 2000, a créé l’obligation pour toute commune de plus de 5000 habitants d’aménager des aires d’accueil.

Mais moins de la moitié des emplacements prévus existent. Conscient du « risque d’amalgames », il souhaite aussi que « tout soit mis en œuvre (…) pour que la majorité des gens du voyage qui ne demandent qu’à vivre en paix » puisse y parvenir.

Ce mercredi, les critiques contre le chef de l’État ont redoublé. Les associations de Tsiganes ont tour à tour dénoncé la « déclaration de guerre » du président de la République et « l’incitation à la haine » de ses propos sur « les comportements » des gens du voyage.

Regroupées en collectif, ces associations ont demandé à être reçues à l’Élysée. « Il y a des délinquants parmi les Roms, il y a des délinquants parmi les gens du voyage et il y a des délinquants à Neuilly-sur-Seine », a de son côté indiqué le porte-parole du PS, Benoît Hamon.

« N’accablons pas une population », a-t-il ajouté sans nier qu’« il y a des problèmes avec des délinquants ». Ce mercredi soir, en sortant de la réunion ministérielle, le secrétaire d’État Benoist Apparu s’interrogeait : « On ne va quand même pas nous reprocher de monter des réunions pour faire appliquer des décisions de justice. »

Clichés, idées reçues : qui sont vraiment les Roms ?

Par Laurent Burlet LyonCapitale 29/07/2010 à 13H24

Mercredi, Nicolas Sarkozy présidait à l’Elysée une réunion pour « faire le point sur la situation des Roms et des gens du voyage ». Entretien avec Martin Olivera, ethnologue spécialisé dans la communauté tzigane, pour mieux déconstruire les clichés répandus sur les Roms.

Un enfant dort dans une caravane dans un campement de Roms près de la porte de la Villette en février 2008 Audrey Cerdan/Rue89

1 Structurellement, c’est une population nomade

« Ce sont des migrants économiques comme les autres. Les raisons de leur départ sont communes aux Roumains comme aux Roms du même pays : la dégradation des conditions de vie depuis vingt ans et l’absence de perspectives d’avenir. Il y a le même taux d’émigration (environ 10%) chez les Roms et chez les Roumains. Entre 8 000 et 10 000 Roms de Roumanie vivent en France.

Ils ont effectivement “voyagé” de Roumanie en France, mais étaient sédentaires là-bas (où ils vivent en maison, généralement en milieu rural). Seules les expulsions des squats et bidonvilles les invitent à la mobilité.

Mais on constate au bout de dix ans que ce sont les mêmes ensembles familiaux qui, de squats en squats, tournent dans les mêmes communes : on a connu de plus grands voyageurs. On note donc une réelle volonté d’implantation locale. »

2 Ils ont un mode de vie à part et vivent en fratrie, à 30 ou 40

« Le fait de vivre tous regroupés sur un même terrain vague, dans un bidonville, n’est pas un idéal de vie mais le produit de la migration. C’est une manière de se mettre en sécurité et de faire jouer les solidarités entre les familles.

Mais au pays, chaque groupe familial, car il est vrai que la parenté est au centre de l’organisation sociale, vit en maison mais pas à 40 personnes dans un jardin  ! On garde les proches avec soi. S’ils avaient le choix, ils s’éparpilleraient. »

3 Il n’y a qu’eux qui vivent en bidonville 

« Leur visibilité est la conséquence de la forme de la migration. C’est une migration familiale et communautaire. Jusque dans les années 50-60, on avait des bidonvilles d’Italiens ou de Portugais. Des personnes qui venaient tous du même village. C’étaient des ruraux avec un mode de vie fondé sur l’appartenance à un réseau familial, ancré dans un territoire restreint. Un peu comme les Roms.

Des Roumains non-roms de villages reculés migrent de la même manière, une manière qui perpétue un mode d’organisation sociale traditionnel paysan. La proximité géographique avec le pays d’origine le permet (la Roumanie est à une vingtaine d’heures de car). »

4 Ils ne veulent pas s’intégrer en France, leur camp de base est en Roumanie

« Ici, ils gagnent plus d’argent à travailler au noir ou en faisant la manche qu’en étant agriculteur là-bas. Quitte à vivre dans des conditions matérielles plus difficiles qu’au pays.

Tout cela est pris comme un investissement. Comme pour tous les migrants, la priorité est de mettre de côté pour envoyer au pays.

Cette migration se vit comme pendulaire  : on part avec l’idée de réinvestir à la maison le fruit de sa réussite. Petit à petit, pour certaines familles, un choix involontaire s’opère car les enfants sont, malgré tout, allés à l’école en France, se sont habitués à la vie urbaine, etc. Comme pour d’autres mouvements migratoires, pour certains, le “retour au pays” ne se fait pas. »

5 Les Roms de l’Est et nos gens du voyage font partie de la même nation 

« Un Rom roumain ne reconnaîtra pas comme semblable un gitan perpignanais, en tout cas pas en tant que membres d’un même “groupe ethnique”.

Les membres des différentes communautés dites tziganes (ou roms) ne définissent leur identité qu’en référence à leur propre communauté qui se tisse par réseaux familiaux. Ils ne font jamais référence à la vaste catégorie tzigane créée au XIXe siècle lors de l’avènement des Etats-nations modernes.

Actuellement, les cercles militants pour la “reconnaissance du peuple rom” brandissent cette Histoire reconstruite. Cette “méta-identité tzigane” n’a de sens que dans le cercle restreint de leurs colloques et réunions.

Dans les bidonvilles, les Roms de Roumanie se rassemblent donc par villes ou réseaux de villages. Les Roms font toujours la différence entre eux et les autres qui ne sont pas “les leurs”, car les différences socioculturelles sont essentielles entre les diverses communautés. »

6 Ils viennent ici car ils souffrent de discrimination en Roumanie 

« C’est un fait, l’antitziganisme est un trait structurant de l’identité nationale roumaine (comme dans d’autres pays européens, à l’Est et à l’Ouest) mais il est essentiellement valable dans les discours globaux sur “la société” et dans le rapport aux institutions.

Au quotidien, il y existe une intimité socioculturelle très grande entre Roms et non-Roms, surtout à la campagne. Ils ont finalement plus de difficultés à faire valoir leurs droits, restreints, en France que dans leur pays.

Enfin, on le constate, ces migrants maintiennent des liens étroits et réguliers avec le pays, ils y retournent pour les fêtes, l’attachement affectif est fort. La réalité s’avère ainsi plus compliquée que l’image simpliste d’une “minorité fuyant les discriminations”. »

7 Ils refusent les hébergements d’urgence

« Le 115, pour quoi faire ? Tous nos dispositifs sont pensés pour des individus ou familles isolés et désocialisés. Ce n’est pas le cas des Roms : ils sont au contraire très socialisés ! Et quand, enfin, la famille a accès à un foyer d’hébergement, elle est remise à la rue quelques jours ou semaines plus tard, car, faute de places, il faut faire “tourner” les personnes accueillies. »

8 Les Roms refusent tout accompagnement social pour la scolarité et la santé

« Au contraire, il y a beaucoup de demandes. Certes l’école n’est pas une valeur aussi importante que pour nous  : les Roms ne lui confient pas la charge de “transformer” leurs enfants en individus épanouis. Pour cela il y a la vie communautaire et les semblables. A leurs yeux, l’école est uniquement l’instruction, perçue comme outil.

Il y a une forte demande de scolarisation en primaire, mais qui diminue au secondaire. Car le calendrier de l’existence n’est pas tout à fait le même.

Les mariages arrivent tôt. Les gens deviennent plus rapidement des adultes et doivent fonder une famille. Souvent, les mariages ont lieu entre 16 et 20 ans. Les jeunes doivent apprendre à vivre entre adultes au lieu d’aller au collège. C’est en connaissant ces réalités que l’on peut travailler à des solutions adaptées. »

9 Les Roms exploitent leurs enfants en leur faisant faire la manche

« La manche peut être perçue comme la reproduction d’un mode de vie paysan et rural. Au pays, dès que les enfants sont autonomes, vers 10 ou 12 ans, ils sont associés à la quête des ressources économiques pour assurer le quotidien  : après l’école, pendant les vacances, les enfants participent ainsi aux travaux des champs, chez les voisins, rendent des services rémunérés, etc.

Par ailleurs, dans nos villes d’Europe de l’Ouest, pour bien des familles sans qualification, sans droit au travail, la seule ressource est la manche, la récupération ou la sollicitation des passants.

Quant aux bébés dans les bras, ils ne sont pas là pour apitoyer mais parce que les mères n’ont pas de solution pour les faire garder  : où  ? Par qui  ? Sans compter la durée prolongée de l’allaitement à la demande. »

10 Si on leur donne des meilleures conditions de vie, des millions vont venir 

« Avec, parfois, les meilleures intentions du monde, on les renvoie toujours à un groupe fictif qu’on évalue à une dizaine de millions de personnes : les “Roms d’Europe”. Du coup, dans cette logique, si on ouvre la porte, tout le monde va venir. Peu importe qu’en réalité il s’agisse de groupes sociaux relativement restreints, des communautés locales de quelques centaines ou milliers d’individus au maximum. »

Entretien paru dans le mensuel Lyon Capitale de novembre 2009.

Roms : le PS dénonce "la dérive sécuritaire et xénophobe du gouvernement"

AFP, Mise a jour : jeudi 29 juillet 2010 11:29

Le PS a dénoncé jeudi "la dérive sécuritaire et xénophobe du gouvernement" après les annonces concernant les gens du voyage par le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux et appelé à un "travail de fond" avec les collectivités locales et les associations sur la question.

Valls : La réunion sur les Roms "illustre ce qu’est le sarkozysme", du "bougisme"

AFP, Mise a jour : jeudi 29 juillet 2010 10:39

Le député-maire PS d’Evry, Manuel Valls, a estimé jeudi que la réunion sur les gens du voyage à l’Elysée, illustrait "ce qu’est aujourd’hui le sarkozysme", à savoir, selon lui, "du bougisme" sans cap ni "hiérarchie dans les priorités".


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