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Nécessité d’une île ? ....

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... qu’on se loue à soi-même ?

mardi 27 juillet 2010 par JMT

François-Marie Banier est lié par contrat à L’Oréal, détenu à 30% par Liliane Bettencourt. Pour y faire quoi ? Enquête.

"Cette île [d’Arros], je la déteste, elle est bourrée de moustiques, elle est minuscule, et il y fait très humide", a déclaré François-Marie Banier aux enquêteurs.

Carlos Vejarano a longuement expliqué à Rue89 les montages financiers mis en place par l’entourage de la milliardaire.

La police s’intéresse au gestionnaire de l’île seychelloise de l’héritière de L’Oréal, qui lui aurait versé 2 millions d’euros pour qu’il se taise.

Comme Eric Woerth, la propriétaire de L’Oréal compte sur un rapport « indépendant » pour mettre fin aux soupçons.

Seychelles : l’île d’Arros vue du ciel

Affaire Bettencourt : comment L’Oréal finance Banier

Par Rue89

François-Marie Banier est lié par contrat à L’Oréal, détenu à 30% par Liliane Bettencourt. Pour y faire quoi ? Enquête.

François-Marie Banier à Nanterre, le 1er juillet 2010 (Benoît Tessier/Reuters).

Après la plainte d’un petit actionnaire, une enquête a été ouverte sur un contrat conclu entre L’Oréal et François-Marie Banier. Depuis 2002, le protégé de Liliane Bettencourt recevrait 405 000 euros par an pour des activités de conseil, l’organisation d’expositions et la publication de livres portant le logo du groupe.

Quels liens unissent L’Oréal et le photographe ? Rue89 s’est intéressée à l’activité professionnelle de François-Marie Banier, aux comptes de sa société, mais aussi à sa place réelle sur le marché de la photo. Des liens anciens avec le groupe L’Oréal

Ce contrat est-il un cadeau déguisé ? Michel Tiphineau, petit actionnaire de L’Oréal, en est persuadé. Le 5 juillet, il a porté plainte contre X, notamment pour abus de biens sociaux. Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire, confiée à la brigade financière.

A l’origine de cette plainte, un article de Marianne évoquant deux documents saisis chez François-Marie Banier :

* Un contrat avec L’Oréal : du 1er janvier 2002 au 31 décembre 2011, la société de François-Marie Banier recevra 405 000 euros par an pour des conseils « dans le domaine artistique » et l’organisation d’« au moins une exposition d’envergure, une fois par an ».

* Une lettre d’octobre 2001 à Lindsay Owen-Jones, alors PDG du groupe : « J’ai tout à fait conscience que cette aide de L’Oréal est exceptionnelle. Peu d’artistes dans le monde ont sur la durée ce tremplin, cette tranquillité, cette liberté. »

Contacté par Rue89, L’Oréal confirme l’existence d’un contrat depuis « une dizaine d’années » mais dénonce une « accusation totalement infondée ».

Silence chez François-Marie Banier. Sa société n’a pas souhaité nous répondre. Son avocat, Hervé Temime, nous a demandé de lui adresser nos questions par mail, sans réponse pour l’instant.

Les comptes de la société de François-Marie Banier, Hericy, révèlent des détails étonnants. François-Marie Banier est le gérant et l’unique actionnaire de l’entreprise, créée en 1996. Dans le rapport de gestion de 2001, il écrit :

« La renégociation des accords intervenus dans un sens favorable avec notre principal partenaire avec effet au 1er janvier 2002 devrait avoir un impact positif sur l’activité et les comptes de l’exercice en cours. »

Ce « principal partenaire » avait déjà assuré, les années précédentes, un chiffre d’affaires de 228 674 euros aux activités de « services » d’Hericy, comme les expositions et le consulting. S’agit-il de L’Oréal ?

Martin d’Orgeval, ami de François-Marie Banier et commissaire de ses expositions, parle de liens anciens avec le groupe :

« Toutes les expositions qui sont mentionnées [sur le site de Banier, ndlr] portaient le logo L’Oréal. Je crois que c’est à partir de 1994 ou 1995, ce n’est pas un secret. On portait le logo sur les expositions et dans les livres. »

Banier photographe grâce à L’Oréal

Dans un entretien à L’Express, François-Marie Banier , évoque, sans le dater, son lien professionnel avec le groupe :

« Puis elle a voulu m’adosser à L’Oréal. “Je ne veux pas être la femme qui aura seulement vendu des flacons, disait-elle. Je veux vous accompagner et vous aider.” J’avais trouvé le nom du parfum Poison pour Dior.

J’ai emmené le vice-président de L’Oréal rencontrer le grand architecte Pei à New York, pour qu’il dessine un flacon et des présentoirs. J’ai conseillé de lancer une ligne de bagages… J’avais l’obligation de réaliser chaque année une exposition et un livre. Au total, il y en a eu 28. »

Beckett, Tanger, août 1978, visuel extrait de "Beckett", éd. Steidl, 2009 (François-Marie Banier).Impossible d’en savoir plus sur les conseils que François-Marie Banier est censé fournir au groupe. Des conseils dont on ne sait pas s’ils étaient fournis aux équipes de L’Oréal ou soufflés à Liliane Bettencourt.

Il semble plus vraisemblable que ses conseils aient été prodigués de façon informelle, comme les idées qu’il affirme avoir apportées à d’autres entreprises. Le photographe s’attribue la paternité des noms des parfums Opium (Yves-Saint-Laurent) et Poison (Dior). Chez Dior, on ne « communique pas » à ce sujet. Chez Saint-Laurent, on réfute :

« Personne ne peut affirmer qu’il a baptisé le parfum, peut-être qu’il l’a soufflé pendant un dîner à Saint-Laurent dont il était l’ami. On ne sait pas trop et ce n’est pas important pour nous. En revanche, il n’a jamais travaillé pour la maison. »

Le second volet de son contrat, l’obligation de fournir une exposition et un ouvrage par an, a été honoré. Depuis 2002, le photographe a participé à 27 expositions, collectives ou personnelles, dont 25 ont été sponsorisées officiellement par L’Oréal. Il a aussi publié dix-sept ouvrages d’art, dont la plupart portent le logo du groupe.

Son activité artistique a été rendue possible grâce à ce financement. Avant le lancement de sa société en 1996, à l’exception notable d’une exposition au Centre Pompidou (pour laquelle Liliane Bettencourt a fait un chèque de 250 000 francs), François-Marie Banier expose peu. Avec Hericy, puis le contrat le liant à L’Oréal, son rythme de production (expositions, livres) s’est accéléré. Pas une année n’est passée sans une exposition de ses œuvres, voire plusieurs. Un client privilégié pour une société en difficultés

Pour François-Marie Banier, les affaires ne décollent vraiment qu’avec l’entrée en vigueur du fameux contrat. En 2001, Hericy réalise un chiffre d’affaires de 308 867 euros (qui incluent les 228 674 euros de L’Oréal), avec un bénéfice symbolique : 263 euros. En 2006, le chiffre d’affaires dépasse 1,8 million d’euros, et le bénéfice grimpe à 111 153 euros.

A partir de 2007, les ventes des photos de François-Marie Banier s’effondrent, et Hericy enchaîne les pertes :

* 382 460 euros en 2007,

* 448 203 euros en 2008,

* 544 030 euros en 2009.

Les rapports de gestion évoquent « l’atonie générale de l’économie », mais ne s’attardent pas sur les charges de la société. Malgré la crise, Hericy continue à dépenser près de 1,4 million d’euros par an et à employer six personnes.

Dans ces conditions, comment cette entreprise au capital de 8 000 euros peut-elle survivre ? Les comptes font état, en 2009, d’emprunts « aux associés » à hauteur de 1,394 million d’euros. François-Marie Banier est le seul associé d’Hericy : pour sauver son entreprise, le photographe lui prête donc de l’argent.

Bizarrement, le chiffre d’affaires de l’activité « services » résiste à la crise. A partir de 2002, année d’entrée en vigueur du contrat avec L’Oréal, il ne descendra plus en dessous de 755 000 euros. Il grimpera même à 798 812 en 2007, pour se stabiliser à 780 000 euros ces deux dernières années.

François-Marie Banier disposerait donc d’autres clients fidèles. Qui sont-ils ? L’Oréal a-t-il conclu d’autres contrats avec Hericy ? Et que se passera-t-il après le 31 décembre 2011, une fois le contrat arrivé à échéance ? Ni Hericy, ni L’Oréal ne souhaitent répondre.

En tout cas, François-Marie Banier se veut optimiste. Dans son dernier rapport de gestion, il annonce :

« Avant la fin de l’année en cours [2010, ndlr], une augmentation de capital en numéraire interviendra pour apurer ces pertes et reconstituer la situation nette de la société. »

Banier, un artiste riche mais peu vendu

Les sommes importantes investies dans son travail photographique laissent perplexes dans le monde de l’art. Pour la seule année 2009, la société de François-Marie Banier dépense près de 1,4 million d’euros. Une exposition a été organisée à la Maison européenne de la photographie (MEP), hors les murs à Lille, et deux ouvrages ont été publiés chez Steidl. Une commissaire d’exposition indépendante commente :

« Une exposition coûte cher. Selon la taille de l’équipe, le nombre de tirages et leur taille, le matériel utilisé… Il faut ajouter à ces frais ceux du catalogue. Ça fait beaucoup d’argent. Les chiffres donnés pour Banier me semblent quand même élevés. Ce qui est intéressant, c’est l’argent dont il bénéficie, même les grosses expos touchent parfois moins en mécénat. »

Un galeriste parisien installé depuis plusieurs décennies rive gauche pointe l’écart important entre les sommes investies par L’Oréal pour soutenir François-Marie Banier et sa cote sur le marché de la photo :

« C’est en pure perte ! Bien sûr, il fait un travail honorable, ses portraits de personnalités sont très bien, son expo à la Maison européenne de la photographie [2003, ndlr] avait été remarquée mais sans sa puissance financière, il ne serait pas aussi connu. Sans sponsor, je ne sais si ses expositions auraient été acceptées. »

Une responsable de ventes à Sotheby’s confirme que l’artiste n’est pas coté. Seulement deux photos de François Marie Banier -des portraits de Françoise Sagan - sont répertoriées sur Artnet, le site d’enchères en ligne, indicateur de la cote d’un artiste. Estimation d’un portrait : 600 euros.

« C’était un accident ! La photo faisait partie de la collection de l’Hôtel Lambert qu’on a vendue intégralement en 2005. Elle ne présente pas d’intérêt.

Ses photos ne passent pas chez nous. En dessous du seuil de 4 000 euros ou 3 000 livres sterling à Londres, on ne fait pas de ventes. »

En vente privée, ses photos valent cher. Si les comptes annuels d’Hericy indiquent qu’en 2003, il n’a rien vendu, en 2005, il a gagné 907 866 euros. Cette somme ne peut provenir à elle seule de la vente de ses livres, même luxueux. Restent ses photos. Notre contact chez Sotheby’s explique :

« Si quelqu’un met des dizaines de milliers d’euros sur une de ses images, ça n’aura aucune incidence sur sa cote. Pour qu’elle augmente, il doit exposer, faire connaître ses œuvres etc. Lui est surtout médiatisé pour ses accointances avec L’Oréal, non ? »

Comme ses détracteurs, les soutiens de François-Marie Banier gardent l’anonymat. Une éditrice explique que l’homme a de la culture et de la finesse, il a travaillé avec Erri de Luca et ses photographies de Beckett sont émouvantes. Elle rappelle le succès de ses premiers romans auprès des « grands » de la littérature.

En dépit des critiques et de l’affaire Bettencourt, François-Marie Banier poursuit ses projets artistiques :

* une série de douze livres chez l’éditeur Steidl, intitulée « Autocar »,

* une exposition inédite à la MEP de Paris, en novembre prochain,

* une exposition à la Bibliothèque nationale à Paris, en 2012,

* enfin, « en 2014, tout l’immeuble de la Maison européenne de la photographie [à Paris, ndlr] sera dédié aux oeuvres de François-Marie Banier », selon le rapport de gestion d’Hericy

Martin d’Orgeval, l’ami de François-Marie Banier, explique :

« On travaille, on continuera, on ne modifiera rien à nos projets […]. Si vraiment, vous cherchez à en savoir plus sur les activités artistiques de François-Marie Banier, regardez ses œuvres, lisez ses livres, ce que d’autres auteurs ont dit de lui.

Tout cela n’a rien à voir [avec l’affaire Bettencourt, ndlr], c’est indépendant, c’est un vrai travail, pas un dossier juridique […]. Il n’a pas besoin de ça pour exister, ni avant, ni maintenant, ni après. »

Zineb Dryef et François Krug

Photos : François-Marie Banier à Nanterre, le 1er juillet 2010 (Benoît Tessier/Reuters) ; Beckett, Tanger, août 1978, visuel extrait de « Beckett », éd. Steidl, 2009 (François-Marie Banier) ; Beckett, Paris, novembre 1989, visuel extrait de « Beckett », éd. Steidl, 2009 (François-Marie Banier)

L’île d’Arros appartient bien à Mme Bettencourt

LEMONDE pour Le Monde.fr 19.07.10 16h16 "Cette île [d’Arros], je la déteste, elle est bourrée de moustiques, elle est minuscule, et il y fait très humide", a déclaré François-Marie Banier aux enquêteurs.

"Cette île [d’Arros], je la déteste, elle est bourrée de moustiques, elle est minuscule, et il y fait très humide"

Si l’on se fie aux auditions réalisées la semaine dernière dans l’affaire Bettencourt, le doute n’est plus permis : l’île d’Arros, aux Seychelles, appartient bien aux Bettencourt. Et elle devrait effectivement revenir à l’artiste François-Marie Banier, désigné comme bénéficiaire, au même titre, cependant, que trois associations médicales : Orvacs, Solthis et Crepats, toutes trois fondées par le couple de professeurs de médecine Gilles Brücker – exécuteur testamentaire de Liliane Bettencourt – et Christine Katlama.

Si M. Banier venait à mourir ou s’il renonçait à ses droits, l’île reviendrait alors à son compagnon, Martin d’Orgeval. Protestation outrée de M. Banier devant les enquêteurs : "Je voudrais que l’on comprenne que je m’en fous, de leur fric. (…) Cette île, je la déteste, elle est bourrée de moustiques, elle est minuscule, et il y fait très humide. En plus, il y a des requins. Je déteste les îles. Johnny Depp a deux îles dans le Pacifique, où il m’a invité plusieurs fois, et je n’y vais jamais…"

Au commencement, un petit paradis qui appartient à la famille du chah d’Iran, les Pahlavi. M. Banier, que donc cette île horripile, selon ses dires, s’y rend pourtant à deux reprises en 1998 : seul, une première fois. Puis, la même année, avec ses protecteurs, les Bettencourt. "A la fin du séjour, se souvient Carlos Vejarano, le gestionnaire de l’île, ils ont indiqué qu’ils aimeraient acheter l’île."

LA FONDATION POUR L’ÉQUILIBRE ÉCOLOGIQUE, ESTHÉTIQUE ET HUMAIN

En novembre 2006, l’entourage de Mme Bettencourt décide de rendre tout cela un peu moins voyant. Une fondation est créée, toujours au Liechtenstein. Elle va s’appeler Fondation pour l’équilibre écologique, esthétique et humain, présidée par l’avocat fiscaliste Fabrice Goguel. Salarié de la fondation, il perçoit toujours 50 000 euros annuels.

Pour créer la fondation, il reçoit 45 000 euros. De qui ? "Cette information est couverte par le secret professionnel", oppose-t-il aux enquêteurs. Avant de se trahir quelques heures plus tard : "C’est clairement moi que Mme Bettencourt a choisi pour cette mission", dit-il en garde à vue.

L’anstalt d’Arros Land Establishment, le 11 décembre 2006, fait apport de ses parts, et la fondation devient officiellement propriétaire de l’île. Mme Bettencourt signe un bail, qui la fait locataire à vie, moyennant 580 000 euros annuels. Pas besoin de déclarer l’île au fisc français, tout se fait au Liechtenstein, et tant pis si la situation est ubuesque : Mme Bettencourt loue un bien qui lui appartient.

L’intendant de l’île d’Arros : « Je n’ai pas fait chanter Bettencourt »

Par François Krug Eco89 18/07/2010 17H27

Carlos Vejarano a longuement expliqué à Rue89 les montages financiers mis en place par l’entourage de la milliardaire.

Carlos Vejanaro, gestionnaire de l’île d’Arros (François Krug/Rue89)

Carlos Vejarano, mentionné à plusieurs reprises dans les enregistrements, a été placé en garde à vue par la brigade financière de jeudi matin à vendredi soir. Il nous a accordé un entretien de deux heures et demie ce dimanche matin, à son bureau parisien. Comment les Bettencourt ont acheté l’île d’Arros

Gestionnaire de l’île depuis 1975, Carlos Vejarano assure n’avoir joué aucun rôle dans la vente d’Arros aux Bettencourt. En revanche, François-Marie Banier aurait joué un rôle central dans la transaction.

C’est le photographe qui aurait fait découvrir Arros aux propriétaires de L’Oréal. Selon Carlos Vejarano, il y avait été invité en 1998 par le propriétaire de l’époque, le prince Shahram Pahlavi Nia, neveu du dernier shah d’Iran.

Les Bettencourt auraient visité l’île à la Toussaint 1998. Et la vente aurait été conclue quelques mois plus tard, en 1999, pour 18 millions de dollars. La transaction aurait été gérée par les avocats des Pahlavi et des Bettencourt à Genève.

Aucune trace de la vente au cadastre seychellois. Rien de surprenant, assure Carlos Vejarano : légalement, l’île d’Arros n’aurait pas changé de propriétaire depuis 1975. Elle appartiendrait à D’Arros Land Establishment, une « anstalt » [société d’investissement, ndlr] basée au Liechtenstein.

Un simple « intendant » des Bettencourt

Carlos Vejarano assure n’être qu’un simple « intendant ». Via la société seychelloise D’Arros Development Limited, dont il ne serait qu’actionnaire minoritaire. La société, qui emploie une trentaine de personnes, serait encore contrôlée par la famille Pahlavi.

Carlos Vejarano raconte : « En 2004, André Bettencourt [décédé en 2007, ndlr] m’a présenté Patrice de Maistre. Il m’a expliqué que Patrice de Maistre travaillerait avec le cabinet de Me Roger Merkt [avocat des Bettencourt à Genève, ndlr]. On m’a donné un budget de 1,7 million d’euros par an. On m’a demandé de ne pas le dépasser ce budget, et je ne l’ai jamais dépassé. »

Une mystérieuse fondation au Liechtenstein

« Tous les paiements venaient de D’Arros Land Establishment, au Liechtenstein », explique Carlos Vejarano. Mais il assure ignorer qui contrôle vraiment cette société :

« Je ne suis jamais allé au Liechtenstein et je n’ai jamais rencontré le moindre dirigeant de D’Arros Land Establishment. Mon seul contact était un comptable à Genève, qui travaillait avec Me Merkt. J’ai simplement un mandat de D’Arros Land Establishment pour représenter leurs intérêts aux Seychelles. »

Selon les enregistrements révélés par Mediapart et par Le Point, une fondation aurait été créée au Liechtenstein pour faire de François-Marie Banier le propriétaire de l’île. Cette fondation contrôlerait donc D’Arros Land Establishment.

Carlos Vejarano assure que l’entourage de Liliane Bettencourt ne lui a jamais donné le nom de cette fondation, ni confirmé que François-Marie Banier en était désormais propriétaire. Son récit confirme, en tout cas, un changement de statut de l’île en 2007 :

« En 2007, Fabrice Goguel [l’avocat fiscaliste de Liliane Bettencourt, ndlr] m’informe très vaguement que le dossier a été transféré à Me Edmond Tavernier, un avocat à Genève. »

Carlos Vejarano assure avoir rencontré plusieurs fois Fabrice Goguel et Edmond Tavernier, séparément, entre 2007 et 2009 :

« M. Goguel et M. Tavernier me demandent comment l’île fonctionne, je leur explique ma passion pour l’environnement, je leur parle du centre de recherche que nous avons créé sur l’île. Ils me disent : “C’est très bon pour la fondation.” Ils ne me disent rien de plus. »

Carlos Vejarano dément tout chantage

Carlos Vejarano « devient de plus en plus menaçant », déclare Fabrice Goguel dans un des enregistrements de ses conversations avec Liliane Bettencourt. En laissant entendre que le gestionnaire de l’île d’Arros pourrait faire des révélations gênantes.

L’intéressé dément avoir réclamé de l’argent à l’entourage de Liliane Bettencourt, en échange de son silence. Carlos Vejarano explique simplement avoir interrogé à plusieurs reprises Fabrice Goguel et Edmond Tavernier sur l’hypothèse d’une cession de l’île à François-Marie Banier :

« Mon souhait était de faire de l’île d’Arros un sanctuaire, où la nature serait entièrement protégée. Je leur ai demandé : “Je veux savoir si, dans le testament de Madame, il est précisé ouvertement que François-Marie Banier sera le propriétaire. J’en serais très malheureux.”

Il vient une fois par an, et ne s’intéresse pas à l’environnement. Je considère un peu Arros comme mon enfant… »

Carlos Vejarano confirme, en revanche, avoir reçu deux millions d’euros « depuis le compte bancaire de Mme Bettencourt en France ». Sa version diffère nettement de celle de Patrice de Maistre et de Fabrice Goguel dans les enregistrements.

Dans un premier temps, Carlos Vejarano aurait simplement demandé à Liliane Bettencourt de se porter caution bancaire à hauteur de sept millions d’euros pour un projet immobilier. Patrice de Maistre aurait refusé, mais lui aurait proposé un don d’un million d’euros.

« Je lui ai dit que je ne voulais pas de cadeau », assure Carlos Vejarano. Il explique avoir alors demandé que la caution bancaire soit limitée à 3,5 millions d’euros. Patrice de Maistre aurait à nouveau refusé, mais il lui aurait proposé un nouveau don : cette fois, deux millions d’euros.

Fin 2009, Carlos Vejarano aurait finalement accepté ce versement de deux millions d’euros, parce qu’il avait « des difficultés financières ».

Etrange : pourquoi, alors, Patrice de Maistre et Fabrice Goguel ont-ils présenté ses demandes à Liliane Bettencourt comme une forme de chantage ?

« Comment auraient-ils pu dire à Mme Bettencourt que je n’appréciais pas François-Marie Banier ? Ils ne le pouvaient pas, alors ils lui ont dit que je les menaçais. Je le déments catégoriquement. Je n’ai jamais fait chanter qui que ce soit. »

Pourquoi Liliane Bettencourt est locataire de son île

Dans les enregistrements, l’entourage de Liliane Bettencourt présente toutefois Carlos Vejarano comme « très loyal » à Liliane Bettencourt. Le gestionnaire de l’île d’Arros refuse effectivement, aujourd’hui, de croire en une éventuelle fraude fiscale : « C’est inimaginable. Quand vous possédez près de vingt milliards de dollars, pourquoi cacher quelque chose qui vaut des cacahuètes comparé à cette fortune ? »

Pourquoi, alors, un montage financier aussi étrange ? Carlos Vejarano confirme en effet que Liliane Bettencourt paie un loyer pour l’île dont elle serait la propriétaire. Tout en refusant de fournir le montant de ce loyer, il explique : « Les Bettencourt voulaient être présentés comme locataires, parce que M. Bettencourt n’aimait pas l’ostentation. Les Bettencourt ont toujours été très discrets. Un contrat de location a donc été signé avec D’Arros Development Limited. »

Carlos Vejarano, l’homme qui fait peur à Liliane Bettencourt

Par François Krug Eco89 15/07/2010 20H21

La police s’intéresse au gestionnaire de l’île seychelloise de l’héritière de L’Oréal, qui lui aurait versé 2 millions d’euros pour qu’il se taise.

Capture d’écran de la Google map de l’île d’Arros, aux Seychelles

Ce jeudi, la brigade financière a placé en garde en vue quatre des principaux protagonistes de l’affaire Bettencourt. Les trois premiers sont désormais bien connus :

* François-Marie Banier, le protégé de Liliane Bettencourt ;

* Patrice de Maistre, son gestionnaire de fortune ;

* Fabrice Goguel, son avocat fiscaliste.

Le quatrième, Carlos Vejarano, est le gestionnaire de l’île privée d’Arros, aux Seychelles. Une île que Liliane Bettencourt aurait cachée au fisc et qu’elle aurait léguée discrètement à François-Marie Banier.

Carlos Vejarano est évoqué régulièrement dans les conversations révélées par Mediapart et par Le Point. « Il devient de plus en plus menaçant », s’inquiète ainsi Fabrice Goguel, en juin 2009 :

« Vous savez qu’on n’a pas très envie que les gens se demandent qui est finalement le propriétaire d’Arros. Et donc, euh, on commence à être un peu inquiet de son comportement à ce sujet-là. »

« Ils ne voulaient pas qu’il parle », assure Olivier Metzner, avocat de la fille de Liliane Bettencourt. Selon les enregistrements, Carlos Vejarano réclamait 7 millions d’euros à l’entourage de la milliardaire pour s’acheter un hôtel particulier à Paris. Il se serait finalement contenté de 2 millions d’euros.

Incertitudes autour de l’achat de l’île d’Arros

L’entourage de la propriétaire de L’Oréal aurait de bonnes raisons de s’inquiéter. Carlos Vejarano pourrait révéler un premier secret : les conditions dans lesquelles Liliane Bettencourt et son mari André, mort en 2007, ont acquis l’île d’Arros.

C’est Farhad Vladi, un agent immobilier spécialisé dans les îles privées, qui a repéré le premier l’île d’Arros. En 1976, il la vend au prince iranien Shahram Pahlavi Nia, neveu du dernier shah d’Iran.

En 1998, le prince met l’île en vente pour 15 millions de dollars, selon un article publié à l’époque par Time. « Ce n’est pas moi qui ai vendu l’île à madame Bettencourt », nous assure Farhad Vladi.

L’île d’Arros aurait été vendue aux Bettencourt en février 1999, affirme Libération. Etrangement, la transaction n’a pas été enregistrée au cadastre seychellois, selon le journal d’opposition Le Nouveau Seychelles Weekly.

Carlos Vejarano a-t-il organisé la vente ? Il a en tout cas pu suivre les transactions de près. Il était déjà le gestionnaire de l’île pour la famille Pahlavi, via la société D’Arros Development.

Aujourd’hui, selon les enregistrements, Liliane Bettencourt verserait 1,6 à 1,7 million d’euros pour l’entretien de son île. Carlos Vejarano a creusé le filon : D’Arros Development gère aussi l’atoll voisin de Saint-Joseph, qui regroupe quatorze îles.

Carlos Vejarano pourrait révéler un autre secret : le nom du véritable propriétaire de l’île d’Arros. Selon les enregistrements, Liliane Bettencourt l’aurait cédée à François-Marie Banier en 2006, par l’intermédiaire d’une fondation au Liechtenstein.

Fin juin, l’avocat de Patrice de Maistre, Pascal Wilhelm, offrait une autre version : la propriétaire de L’Oréal serait simplement locataire de l’île et ignorerait qui en est le propriétaire ! Me Wilhelm n’a pas répondu à nos sollicitations.

Cosmétiques, mécanique et philanthropie

Les activités de Carlos Vejarano ne se limitent pas aux îles exotiques. L’homme d’affaires est même un globe-trotter : citoyen espagnol, il est né en janvier 1948 aux Etats-Unis, et il réside officiellement en Suisse, à Saviese.

Carlos Vejarano possède également deux adresses à Paris dans le XVIe arrondissement, selon le greffe du tribunal de commerce :

* un hôtel particulier villa d’Eylau : il appartient à une société civile immobilière gérée par Carlos Vejarano (celui-ci nous a précisé n’être que le gérant de cette SCI et ne pas être le propriétaire de l’hôtel particulier)

* un bureau au centre d’affaires Paris Etoile, rue de Presbourg.

Carlos Vejarano a notamment monté une société de conseil, Alba Management, un intermédiaire pour les expatriés et les entreprises ne disposant pas de bureaux en France. Il n’en est plus propriétaire.

Le gestionnaire de l’île d’Arros s’est aussi lancé dans les cosmétiques, avec une société baptisée Cassina. Rien à voir avec L’Oréal, assure sa gérante, Lindsay Grossetete : « Ce sont des patchs anti-rides fabriqués aux Etats-Unis, on les vend en pharmacie et en parapharmacie. »

La société serait en quasi-sommeil depuis un an. Carlos Vejarano ne serait pas passé au bureau « depuis plusieurs mois ».

« On attend toujours ses millions de dollars »

Carlos Vejarano a également investi en Suisse. Pas toujours avec succès : GS Automation et Tagtronic, deux entreprises de mécanique dont il était actionnaire et administrateur, ont fait faillite. Aujourd’hui, trois fondations dirigées par Carlos Vejarano sont domiciliées dans le même cabinet d’avocats à Genève :

* Aldabra Foundation, destinée à « soutenir financièrement la recherche, la conservation et l’administration de l’atoll d’Aldabra (République des Seychelles), site classé comme patrimoine mondial par l’Unesco » ; la fondation a notamment organisé en 2008 une exposition au Museum d’histoire naturelle à Paris ;

* Islands and Oceans Foundation ;

* Axis Mundi Foundation, qui veut « promouvoir les échanges culturels, scientifiques et sociologiques entre la civilisation moderne et les enseignements des cultures traditionnelles dans le monde »

La philantropie affichée de Carlos Vejarano ne convainc pas tout le monde. « Avec sa fondation pour l’atoll d’Aldabra, il promettait de récolter des millions de dollars, on attend toujours », raconte un spécialiste des îles seychelloises qui souhaite rester anonyme.

L’an dernier, après des désaccords internes, Carlos Vejarano a démissionné du conseil d’administration de la Seychelles Islands Foundations, chargée de protéger l’environnement sur la centaine d’îles du pays. (Carlos Vejarano nous a précisé que sa démission était « une décision personnelle ».)

Contacté, Carlos Vejarano nous a demandé de lui adresser une liste de questions par e-mail mais n’y a toujours pas répondu. (Carlos Vejarano nous a depuis accordé un entretien.)

► Mis à jour le 16/07/10 à 16h10 : le portrait de Carlos Vejarano est retiré à la demande de son auteur.

► Mis à jour le 21/07/10 à 22h : depuis la publication de cet article, Carlos Vejarano nous a accordé un entretien, en s’expliquant sur la gestion de l’île d’Arros et l’affaire Bettencourt. Après cet entretien, nous avons apporté quelques précisions à cet article, sur les activités de Carlos Vejarano ne concernant pas directement l’île d’Arros.

Pourquoi l’audit de Liliane Bettencourt est déjà suspect

Par François Krug

Comme Eric Woerth, la propriétaire de L’Oréal compte sur un rapport « indépendant » pour mettre fin aux soupçons.

Le siège de L’Oréal à Clichy, le 18 février 2008 (Chales Platiau/Reuters).

Liliane Bettencourt suit l’exemple d’Eric Woerth : pour mettre fin aux rumeurs, rien ne vaut un rapport en apparence indépendant. L’audit réclamé par la propriétaire de L’Oréal ressemble surtout à un trompe-l’œil.

Liliane Bettencourt a annoncé cet audit mercredi soir, dans un communiqué diffusé par sa porte-parole à l’agence de communication Euro RSCG :

« Afin que les choses soient claires sur mes décisions de gestion, j’ai demandé à M. Patrice de Maistre en qui j’ai toute confiance d’organiser un audit indépendant sur la gestion des sociétés Téthys, Clymène et de la Fondation. Cet audit montrera que je sais parfaitement gérer les affaires de notre famille. »

Un audit limité aux activités publiques

Dans l’immédiat, l’annonce de cet audit permet de détourner l’attention du volet politique de l’affaire. L’audit portera uniquement sur les activités publiques de Liliane Bettencourt :

* Thétys gère la participation de la famille Bettencourt dans L’Oréal ; * Clymène gère la fortune personnelle de Liliane Bettencourt ; * la Fondation Bettencourt-Schueller soutient financièrement des programmes scientifiques et artistiques.

L’objectif est simple : priver d’arguments Françoise Meyers-Bettencourt, qui réclame la mise sous tutelle de sa mère de 87 ans. Ce sera d’autant plus facile que la fille siège aux conseils d’administration de Thétys et de la Fondation, et qu’elle a donc accès aux comptes :

* Comment pourrait-elle s’opposer à cette volonté de transparence ? * Si l’audit révélait des irrégularités, comment pourra-t-elle expliquer qu’elle n’ait rien vu ?

Qui conduira cet audit ?

Bien joué, en apparence. Le problème reste de convaincre de l’indépendance d’un audit commandé par Patrice de Maistre. L’homme de confiance de Liliane Bettencourt est à la fois directeur général de Thétys, Clymène et de la Fondation. Les enregistrements de ses conversations avec sa patronne sont accablants. Il était en garde à vue ce jeudi matin.

Alors, qui réalisera cet audit « organisé » par Patrice de Maistre ? Liliane Bettencourt se garde bien de le préciser dans son communiqué. Et pour cause, rien n’a encore été décidé. Sa porte-parole de l’agence de communication Euro RSCG nous explique :

« Ce sera confié à un cabinet d’audit indépendant, qui n’a jamais travaillé pour L’Oréal ou les Bettencourt, ou à des personnalités indépendantes, on ne sait pas encore. On espère lancer la mission la semaine prochaine. »

Les conclusions rendues publiques, pas les détails

Autre problème : en dehors du cercle familial, les résultats de l’audit ne seront pas révélés intégralement. Selon la porte-parole de Liliane Bettencourt, « les conclusions seront rendues publiques, mais les détails, non ». Dans cette affaire, pourtant, on a pu remarquer que l’essentiel se logeait dans les détails.

C’est d’un autre rapport que pourraient vraiment venir les révélations. Liliane Bettencourt avait promis la « régularisation » de ses comptes privés et de sa situation fiscale. Selon sa porte-parole, l’opération est en cours : « Depuis quinze jours, on a un expert comptable et un expert financier qui y travaillent, avec un avocat qui pilote le projet ».

Là, il n’est plus du tout question d’indépendance ou de publicité. L’avocat en question est Pascal Wilhelm, qui défend Patrice de Maistre, et le rapport n’est destiné qu’au fisc.

Dans le communiqué annonçant l’audit, Liliane Bettencourt se montre très offensive à l’égard de sa fille. En voici le texte, en intégralité :

« Je suis scandalisée ce matin apprenant, encore une fois par la presse, l’information selon laquelle ma fille demanderait une nouvelle fois ma mise sous tutelle. C’est un acharnement ignoble de la part de celle qui prétend me protéger à longueur de pages de journaux. Ma fille pourrait attendre patiemment ma mort au lieu de tout faire pour la précipiter.

Comme je l’ai déclaré lors de mon entretien télévisé avec Claire Chazal je suis parfaitement consciente de mes actes et j’estime ne pas avoir besoin d’être prise en charge. Si cela devait être le cas j’ai déjà pris les dispositions nécessaires et c’est moi qui déciderai du moment où il faudra les mettre en œuvre.

J’estime que ma fille est mal entourée. Ses conseillers la poussent à s’acharner contre moi et j’entends prendre des mesures pour faire cesser le harcèlement dont je suis l’objet. Je croise régulièrement ma fille au conseil d’administration de l’Oréal ou de la Fondation Bettencourt- Schueller, ce qui lui aurait donné l’occasion de me parler de toutes ces difficultés si elle le souhaitait. Elle ne l’a pas fait et semble préférer laisser son avocat me salir et salir l’image de notre famille. Les Bettencourt ne sont pas de ceux qui se laissent humilier. Et encore moins par ceux qu’ils nourrissent.

Afin que les choses soient claires sur mes décisions de gestion, j’ai demandé à M. Patrice de Maistre en qui j’ai toute confiance d’organiser un audit indépendant sur la gestion des sociétés Téthys, Clymène et de la Fondation. Cet audit montrera que je sais parfaitement gérer les affaires de notre famille.

Depuis 40 ans, je me consacre à mon rôle de premier actionnaire du premier groupe mondial de cosmétiques, L’Oréal que mon père a créé. J’entends poursuivre cette tache et j’espère que ma fille ne déstabilisera pas ce groupe que mon père et moi-même avons souhaité français.

Je n’entends plus laisser sans suite les agressions verbales ou autres formulées à mon encontre car je sais bien me protéger toute seule. »

Seychelles : l’île d’Arros vue du ciel

Cette île serait la propriété de Liliane Bettencourt.

Neuf photos d’Arros aux Seychelles vue par Google Earth.

L’île d’Arros vue de satellite. Rachetée par le prince Iranien Shahram Pahlavi-nia en 1975, d’Arros fut réservée pour l’usage exclusif de sa famille et amis jusqu’en 1998, quand elle fut cédée à un nouveau propriétaire privé. Liliane Bettancourt ?

L’île d’Arros au nord ouest de l’atoll Saint-Joseph et son lagon. L’île accueille des colonies d’oiseaux de mer (frégates, sternes, noddis) et quelques tortues de terre géantes. Elle est aussi le lieu de reproduction de tortues de mer.

Situation de l’île d’Arros (fleche violette), Seychelles, aux large des côtes africaines. Arros appartient au groupe des îles extérieures (au nombre de 72) : bancs de sable ou atolls coraliens

Situation de l’île d’Arros (flèche violette) par rapport à l’archipel des Seychelles. D’Arros fait partie du groupe des îles Amirantes, située à 255km au sud ouest de Mahé , l’île principale des Seychelles.

L’île d’Arros et l’atoll Saint-Joseph. Officiellement, Arros compte 85 habitants, Saint-Joseph aucun. Les deux îles appartiennent au même domaine privé. Autrefois Arros et Saint-Joseph étaient une plantation de noix de coco.

Au nord de l’île, quelques bâtiments. Maisons, huttes, cabanes ?

La piste d’atterrissage de l’île d’Arros qui barre l’île du nord au sud. Reliée au "village" par un chemin.

Une tache bleue sur la plage à l’est. Une piscine ?

Plage sud-est de l’île d’Arros. Une forme bleue rectangulaire dans le sable. Une piscine creusée dans le sable découverte à marée basse ?

VIDEO

Le Mystère d’Arros


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