AID Association initiatives dionysiennes
9ème Chronique de la Macronésie

Elaborer la politique de post-croissance

Une synthèse de Bruno Bourgeon

jeudi 17 août 2017 par JMT

Le système qui, malgré les postures de ce dernier, a soutenu Emmanuel MACRON à coups de millions d’euros et d’expositions médiatiques, fait bien évidemment feu de tout bois. Dans le cadre de sa politique de niches, il a réussi également à pervertir bon nombre de "toutous" de l’écologie politique, où traînait, comme partout ailleurs, une certaine faune alimentaire qui a vite aboyé de plaisir à l’octroi par sa piteuse majesté Hollandiste de maroquins et sous-maroquins ministériels du crépuscule du calamiteux quinquennat ou qui s’est recyclée en député-e-s (y compris le président de l’Assemblée !) sous le label de la nouvelle majesté.

La plus belle prise semble être l’hélicologiste promoteur de gels douche devenu ministre d’Etat de la "transition écologiste", joli exemple de langue de bois . Car en réalité, cela nous promet un peu plus de greenwashing ("on lave plus vert que vert" :-) pour continuer à cacher des horreurs croissantistes ou en proposer d’autres comme les futurs embouteillages "verts" avec des voitures électriques à l’électronique et aux batteries dégoulinantes du sang des esclaves qui meurent pour en produire les matières premières. Il y a aussi la version "drone unipersonnel", dernier joujou à la mode pour riches désoeuvrés ou hyperexcités, 10 fois plus gaspilleuse encore en énergie que la voiture électrique.

Mais l’écologie politique ne se résume pas à ces quelques individus carriéristes. D’autres continuent sincèrement à chercher la voie. AID les soutient et propose ici une première synthèse de réflexions qui, nous l’espérons, permettront de relancer l’écologie politique indispensable pour fédérer, promouvoir et soutenir l’action de millions de colibris dont nous faisons partie.

Elaborer la politique de post-croissance

La période qui s’achève a été marquée par un ébranlement majeur des représentations politiques en France. Cet ébranlement est fils de la crise généralisée, environnementale, économique, sociale, démocratique.

Leur incapacité à répondre aux défis a provoqué la faillite des forces politiques traditionnelles ; les électeurs ont cherché ailleurs ou se sont abstenus. 

Le système électoral a conduit à des séries de votes utiles qui dépolitisent les élections en faisant des programmes un enjeu secondaire. Il a donné des pouvoirs exorbitants à un mouvement minoritaire surfant sur les aspirations à un certain renouveau sans annoncer de rupture : nouveauté sur la forme et continuité sur le fond. 

Le résultat de cette séquence électorale contient en lui-même la source de son délitement ; ce gouvernement est un épisode de la fin d’un système, il n’est pas l’annonce d’un nouveau. Il n’est pas armé pour faire face aux difficultés de la crise climatique, et aux effets pervers qu’un système à bout de souffle produit.

L’échec du projet écologique ne doit pas être minimisé. Il n’a pas réussi à maîtriser son appétence dans la participation aux institutions politiques. Il n’a pas senti la nécessité de dépasser la forme partidaire, a créé une structure centralisée, hypertrophiée et par trop réglementée.

Paradoxalement, la période a aussi montré une progression des idées écologistes. Si l’actualité politique telle qu’elle est traitée par la presse apparaît fortement imprégnée de tensions et de questions sécuritaires sans toujours bien donner les outils qui permettent de les comprendre, les questions sociales, d’égalité et les questions environnementales restent et interpellent tout le monde.

La réalité quotidienne de nos concitoyen(ne)s reste marquée par la difficulté du bien-vivre sainement, sereinement et durablement. Cette réalité et ces difficultés ne font que s’accentuer et nourrissent la prise de conscience écologique d’une part de plus en plus importante de nos concitoyens.

Le défi de la période qui s’ouvre : sur quelle culture politique, quel projet, va se construire la force politique qui incarnera le changement réel, fera renaître l’espoir et aura la capacité à rassembler une majorité ? Le débat est ouvert, l’histoire n’est pas écrite.

Les événements climatiques et l’accentuation des pollutions qui portent atteinte à la santé comme à la sécurité alimentaire vont mettre la question écologique au cœur de l’élaboration de cette force, dont la forme reste à inventer. Beaucoup d’acteurs ont vocation à participer à son élaboration, au mieux vivre sans croissance, qu’ils soient dans une organisation politique, ou plus souvent qu’ils transforment déjà la société en manifestant une défiance justifiée pour la politique telle qu’elle est. 

Cette force politique nouvelle se construira sur des valeurs écologistes, car il le faut : sans cela, c’est la vie même sur Terre qui est mise en danger. Car il s’agit bien de la sixième extinction à laquelle nous participons, à laquelle nous sommes complices, sans vraiment l’appréhender. Puissions-nous en prendre conscience !

Dr Bruno Bourgeon, président d’AID,

http://www.aid97400.lautre.net

MEDIAS LOCAUX

* Courrier des lecteurs de Zinfos974 du Jeudi 17 Août 2017 - 15:55

* Courrier des lecteurs du Quotidien du 18 Aout 2017

Quotidien du 18 Aout 2017

POUR EN SAVOIR PLUS

Il est difficile de citer pour un simple article tous les gens de bien dont AID a pu croiser la route. En voici quelques -un(e)s :

Marie-Monique ROBIN, Dominique MEDA, Philippe BIHOUIX, Jean GADREY, Dominique BOURG, Agnès SINAI, etc..

et toutes nos plus plates excuses à toutes celles et ceux qui ne sont pas cité-e-s ici mais que vous retrouverez notamment en parcourant les 607 (40% du total !) articles de ce site en utilisant le moteur de recherche interne avec ces deux mots "post croissance".

LIENS :

* Agnès Sinaï et Dominique Bourg étaient invités le 16/08/2017 à midi sur France Inter pour parler de décroissance

* Les convivialistes mouvement dont AID est signataire

* 10 thèses pour progresser vers une société de la post-croissance

Eric Aeschimann Publié le 21 avril 2017 à 17h43

Isabelle Cassiers, Kevin Maréchal et Dominique Méda formulent dix propositions afin d’améliorer l’art de vivre hors de l’obsession d’acquérir des richesses.

* La croissance est morte vive la post-croissance !

Libération.fr Par Coralie Schaub — 2 novembre 2014 à 17:26

* Idées & débats Une économie post-croissance riche en emplois

Jean Gadrey 01/02/2010 Alternatives Economiques n°288


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