AID Association initiatives dionysiennes
La Crise financière américaine

Intervention Etatique Massive

Dans La République Des Etats-Unis Socialistes

lundi 29 septembre 2008 par Fayez NAHABIEH

Après s’être éclipsé au pire moment de la crise sous prétexte que ses déclarations pouvaient aggraver la situation et entraîner les bourses et l’économie du pays dans un trou noir, le Président George W Bush, le 24 septembre,s’est adressé aux contribuables américains qui seront les principaux, à priori, à payer la facture.

God Bless Them

En deux mots, le Président a décidé de bouleverser ses convictions profondes ultralibérales, ultraconservatrices et d’endosser le costume de l’état et de l’étatisme. Il a décidé d’utiliser l’argent du peuple, l’argent des citoyens américains modestes afin de sauver, prioritairement, les fraudeurs. Ce changement de tactique, comme nous en avons l’habitude avec Monsieur Bush s’effectue avec beaucoup de regret « Je suis un fort adepte de l’entreprise libre, c’est mon instinct naturel de m’opposer à l’intervention de l’état ».

La bulle.

Son plan de sauvetage est élaboré avec une équipe de spécialistes de la maison blanche et de hauts fonctionnaires, présidée par Henry M. Paulson Jr. Secrétaire d’état américain au Trésor (ex-patron de Goldman Sachs), et consiste à injecter 700 milliards de dollars de liquidités dans l’économie afin d’arrêter l’engrenage et d’éviter l’effondrement total de l’économie du pays, le mot « collapse/ effondrement » ayant été utilisé à plusieurs reprises. Et comme cette somme sera payée pars les citoyens imposables, le Président s’est lancé dans une démarche explicative pour justifier les moyens et les conditions dans lesquelles cet argent sera utilisé.

Le Président Bush : « toute notre économie est en danger ». (AFP).

« Je crois que les compagnies ayant pris de mauvaises décisions devraient quitter le milieu des affaires. En des circonstances normales, j’allais laisser les choses prendre cette tournure. Mais nous sommes sous des circonstances anormales. Le fonctionnement du marché était incorrect et la majorité des secteurs du système financier américain risquait de fermer définitivement ».

Et pour les sensibiliser mais les convaincre aussi d’accepter paisiblement son plan, d’ailleurs, ils seront les vrais payeurs de ses erreurs et des erreurs des fraudeurs, des banquiers, des traders qui ont rempli leurs poches, il leur a dit : « Beaucoup de banques seront en faillite, y compris quelques fonds communs. La bourse va baisser encore plus ce qui réduit la valeur de votre retraite. La valeur de votre maison va dégringoler, et les frais nécessaires pour levée l’hypothèque de votre bien augmentera d’une manière dramatique ».

Explications !

Quant aux 700 milliards en question, pour le Président, cette somme est suffisante pour résoudre sérieusement le problème. De tout façon, et tout simplement il n’ y a pas de preneurs pour ce genre d’actif. Donc, cet argent va permettre d’acheter les actifs flous et suspects qui bouchent le système financier.

Selon Monsieur Bush, dans peu de temps, ceci devrait libérer les banques et la reprise repartira. Cependant, il ne nous a pas détaillé son plan concernant le tri à faire au sein de ces actifs, car le cœur et le fond de la crise y sont.

J’ai lu avec beaucoup d’attention et d’intérêt, au moins trois fois, le discours de Monsieur le Président dans l’espoir de comprendre ou d’apprendre sa méthode ou sa technique de tri des actifs. Hélas, je n’ai rien trouvé. Par contre, Philippe Waechter, Directeur de la recherche économique chez Natixis Asset Management, et Martial You, sont beaucoup explicites sur le sujet.

Les deux auteurs nous expliquent que « lorsque le marché de l’immobilier s’est retourné, en 2005 / 2006, le nombre de ménages subprimes ne remboursant pas leur emprunt s’est accru très sensiblement. Or, cest là que l’on trouve l’essentiel de la crise : « dans la vague de titrisation, les emprunts de tout type ont été mélangés, on ne distingue plus les primes des subprimes, car, à l’origine les risques étaient très peu différenciés ».

Par conséquent, les opérateurs sur les marchés financiers se trouvaient dans l’impasse (les malheureux !). Lorsqu’ils voulaient acheter des titres ou des produits titrisés, ils ne connaissaient pas le contenu du lot, puisque les « primes et les subprimes » étaient confondus. Résultat : on tourne le dos à ces produits et on se jette sur un autre investissement plus juteux. Les banques aussi ne connaissent pas bien la structure de leur portefeuille d’investissement.

En plus, le risque n’avait pas été clairement identifié par les sociétés de notations telles que Stand and Poor’s, Moody’s ou encore FitchRating. La distinction entre les produits contenant des subprimes et les autres n’était pas nette. C’est le Bib Bang de la responsabilité ou l’irresponsabilité de l’affaire.

De ce fait, chaque banque commence à tenir le raisonnement suivant : si moi, je ne maîtrise pas et je n’identifie pas le risque dans mon portefeuille, la situation est idem chez mes concurrents. Donc, je ne leur prête plus d’argent. Le marché de prêts interbancaires est figé et l’asphyxie des liquidités est née. [Quant à la titrisation en soi, c’est une technique financière permettant aux établissements banquiers de mutualiser leurs risques, en les vendant dans le monde entier. C’est une idée de génie de l’ingénierie de finance].

Donc, on se demande comment maintenant le plan de sauvetage va fonctionner. Pour le moment, pas de détails. Mais on sait que le gouvernement a deux ans pour déterminer et quantifier le volume et le prix des rachats des titres intoxiqués. C’est pourquoi les tractations entre les Représentants Démocratiques et Républicains battent le plein. La solution n’est pas immédiate, la solution n’est pas pour demain.

Par la suite, pour rassurer et calmer les inquiétudes des épargnants, le secrétariat d’état américain au Trésor avec le FDIC offrira la garantie des comptes des épargnants jusqu’à la hauteur de 100.000 dollars.

Il a promis, mais c’est trop, trop tard une fois que la crise est résolue, une mise à jour des structures financières. Il s’agit probablement d’une sorte de mea culpa pour sa politique économique de laisser aller, et peut être d’un petit coup de main électoral au Républicain John McCain.

Il faut dire que ce dernier commence à être perturbé et à perdre le moral avec l’héritage de son ami, même si, depuis un certain temps, il essaye de s’en dissocier, mais l’étiquette et les empruntes de cette politique des Neocons (terme utilisé dans le média américain pour désigner et abréger le mot néo conservateur) sont difficiles à effacer.

L’un des signes de cette perturbation est son attitude. Dernièrement, le 24 septembre où il était l’invité de David Letterman le présentateur de l’émission télévisée de CBS, il a annulé sa participation à la dernière minute sous le prétexte d’un départ rapide à Washington.

Mais en fin de compte, non seulement il ne s’est pas rendu à Washington, mais il a accordé un entretien à un autre journaliste de la même chaîne, pour lui expliquer sa démarche. Letterman, enragé, n’a pas hésité à s’en prendre au candidat Républicain.

Les tractations du plan du sauvetage

Après le « tout va bien », « la signature est rapide », et « il ne reste que quelques petites questions à régler », le Président étatsunien a reconnu vendredi l’existence de désaccords sur son plan, tout en précisant que chacun était d’accord sur la nécessité d’agir rapidement.

Et de nouveau la langue de bois : « Il y a des désaccords sur des aspects du plan de sauvetage ; mais il n’y a aucun désaccord sur le fait que quelque chose d’important doit être fait » a conclu le chef de la maison blanche.

Les Républicains réclament un autre plan !

La surprise vient des Représentants Républicains, un groupe de Neocon, qui demande de modifier le plan de leur chef. Ils souhaitent la mise en place d’un autre plan basé sur la possibilité donnée aux banques d’acheter des assurances contre la dépréciation de leurs actifs « pourris ». Pour ces Républicains, de l’aile Neocon du parti, le plan de 700 milliards absout Wall Street de ses erreurs et fait porter l’effort sur le contribuable américain.

Ces informations coïncident avec les déclarations du chef de la majorité démocrate au sénat à la sortie de la Maison Blanche : « Devant les Représentants, il reste un grand nombre de questions actuellement en suspens et qui nécessitent des réponses avant d’accepter le plan de sauvetage ». Les Démocrates, de leur côté, ont imputé l’échec des négociations pour arriver à un compromis aux Républicains.

Le Flou total !

Comme pour les produits titrisés, le flou est dominant. Hier, dans son discours hebdomadaire, le Président nous apprend que la somme de son plan a été revue à la baisse en raison de l’augmentation des frais des prêts invendables que le gouvernement va acheter, et en raison de temps qui passe.

Mais il a estimé que le coût total sera de beaucoup inférieur à 700 milliards. Il a également estimé qu’une signature est très proche, peut être à la fin de ce week end. Enfin, il a de nouveau réitéré ses anciennes déclarations : l’échec du système financier exposera l’économie au danger et elle entrera dans une récession profonde.

Par contre, depuis peu, Nancy Pelosi, chef de file des Démocrates au Congrès a déclaré qu’une progression a été constatée dans les négociations entre les deux partis. Elle a espéré arriver à une solution définitive avant que les marchés des bourses asiatiques s’ouvrent demain matin. Elle a exprimé également sa joie du retour des Républicains à la table des discussions après leur retrait le jeudi dernier.

Harry Rid, chef de la majorité Démocrate au Sénat a déclaré que le départ des élus américains prévu vendredi dernier en vacances parlementaires jusqu’à la présidentielle du 4 Novembre était annulé. Ils resteront en session le temps de trouver un accord sur le plan de sauvetage du système financier, a conclu le sénateur.

Nancy Pelosi espère un compromis avant l’ouverture des marchés asiatiques. (AFP)

Les économistes universitaires avertissent !

Des économistes américains universitaires y compris des prix Nobel (160 au total), ont écrit le mercredi dernier aux responsables des questions financières du Congrès afin de ne pas se précipiter pour approuver le plan de sauvetage. Ils considèrent que le plan de l’administration Bush est mal conçu, qu’il pourrait avoir des conséquences désastreuses sur le long terme et qu’il n’ y a pas de raison de fixer le vendredi comme date limite pour approuver la mesure.

Les craintes des Démocrates par rapport aux Elections présidentielles !

Les Démocrates sont majoritaires dans les deux chambres du Congrès et peuvent donc faire passer le plan. Toutefois, ils ne souhaitent pas endosser la totale responsabilité de ce dispositif majeur pour la vie économique du pays. S’ils devaient le faire, ils souhaiteraient amender encore plus le texte initial.

Et les Contribuables Américains ?

Les américains, dans leur majorité sont, pour le moment calmes. De toute façon, personne ne les a consultés ou ne leur a demandé leur avis, s’ils souhaitent payer pour les petits et les gros malins.

Cependant, des petites manifestations contre le plan de sauvetage du gouvernement, sont sorties, surtout devant Le bâtiment de Wall Street. Les manifestants ont porté des banderoles sur lesquelles ils ont exprimé leur mécontentement. Ils ont conspué les responsables de la crise et ont demandé de les sanctionner. D’autres manifestants ont déclaré que ni la classe ouvrière, ni la classe moyenne ne doivent supporter les fraudes et les crises élaborées par des sociétés en faillite

Les fonds incontournables : Les fonds souverains.

Le Mardi 23 septembre, selon Wall Street des hauts responsables du Trésor Américain se sont réunis avec des décideurs appartenant à deux caisses parmi les plus grandes des Fonds Souverains, les Emirats arabes unis et le Government of Singapour Investment. Corp, afin de leur demander des engagements pour qu’ils ne tentent pas de tirer des avantages politiques grâce à leurs fonds. Ce qui est regrettable, c’est de ne pas convoquer les décideurs des autres caisses.

Cependant, Issam Kazima, le président de la bourse de Dubaï (Emirats arabes unis) a déclaré que les législateurs occidentaux sont de plus en plus intéressés par ces caisses (les Fonds souverains) et que cet intérêt s’est doublé depuis la crise actuelle.

Par contre un sondage effectué la semaine dernière aux Etats-Unis, montre que la majorité des américains se sentent inquiets pour leur économie si les fonds souverains s’investissent encore plus dans les sociétés américaines. A titre indicatif, le stock de liquidité de ces fonds a atteint un chiffre colossal, de plus de 2800 milliards de dollars.

Le classement

Dans l’attente d’une réponse définitive de la crise américaine :

Vous avez aimé les subprimes, vous allez adorer les LBO !

Après les actifs pourris, voici maintenant les actifs moisis. La faillite mondiale provoquée par les actifs pourris [les subprimes] est estimée à 1300 milliards de dollars selon le FMI, mais la note probablement dépassera les 2000 milliards de dollars aisément.

Le plan de sauvetage du gouvernement américain [700 milliards de dollars], coûtera 2000 de dollars par contribuable américain. Le plan n’est pas encore signé. Mais admettant, sans trop y croire, que la première crise est en train de se résoudre.

Et voilà, nous sommes devant une deuxième crise qui vient de naître, baptisée LBO. C’est-à-dire, « Leveraged Buy Out » et en français ça va nous donner « Achat avec effet de levier ». Il s’agit d’un système qui permet à des petits malins de racheter une entreprise sans payer un rond ou presque.

La crise financière. Photo aljazeera

La technique expliquée par Hervé Liffran dans le canard enchaîné du Mercredi dernier, consiste à acquérir une entreprise en se faisant prêter jusqu’à 90% du prix d’achat. Pour rembourser le capital et payer les intérêts, certains des nouveaux propriétaires se contentent tout simplement de puiser dans la trésorerie ou de vendre une partie des actifs. Par la suite, ils s’empressent de revendre la société à un deuxième LBO, et ainsi de suite…

Ce genre d’opérations apporte aux financiers un rendement parfois supérieur à 20 %. Mais quand les sociétés changent de mains à un rythme accéléré, elles ne laissent en bout de course que des coquilles vides incapables de rembourser les dettes. Les banques ne disposent alors d’aucun moyen légal pour se retourner contre les emprunteurs.

Depuis l’histoire des subprimes, les banques se mettent à l’abri contre toute demande de LBO. Mais le stock moisi est toujours là sous le bras. En 2007, 140 milliards d’euros, seulement, de prêts LBO ont été accordés en Europe avec un quota de 26 milliards pour la France (Qui va les payer ?). On peut comprendre l’aversion feinte du capitalisme exprimée par notre cher Président de la République dans son discours à Toulon, la semaine dernière.

Plusieurs banques françaises sont éclaboussées par la LBO. Ainsi, selon le canard enchaîné du 24 septembre, on peut trouver la BNP, la Société générale, et le Crédit Lyonnais. Et les dettes des LBO ont été titrisées.

On peut se demander pour quelle raison, les médias dominants n’en parlent pas encore ? La réponse est simple, tant que cette crise n’a pas encore atteint le niveau de NIS, c’est-à-dire, Normes Internationales des Scandales, ces médias ne s’en donnent pas le mal. Question de principe et d’éthique. Il va falloir admettre que l’année 2008 est vraiment l’année des rats.

Conclusion

La crise financière actuelle a montré la limite du capitalisme, ou plutôt, elle a montré que le capitalisme n’a pas de limite. Aujourd’hui, tout le monde crie à la régulation, alors qu’il n’ y a pas longtemps, les mêmes n’avaient qu’un seul mot d’ordre : laisser le marché faire l’équilibre.

Dès le début, les décideurs, contrairement, à ce qu’ils disent, étaient au courrant. Plusieurs indicateurs de danger ont clignoté. Nous donnons un simple exemple : Le FBI a constaté que le nombre de fraudes de déclarations de revenus pour pouvoir accèder à un emprunt est passé de 3500 cas en 2000 à 28000 en 2006. Et effectivement, on ne cherche à poser le mot pourquoi et on n’analyse pas le phénomène ?

La seule revanche qui découle de cette crise, est celle de l’économie réelle sur l’économie virtuelle et sur la financiarisation à outrance.

La mondialisation s’approche doucement mais sûrement de la fin. Elle est injuste, inégalitaire et attise la disparité entre les peuples. Un autre modèle, un autre ordre doivent être réfléchis en tenant compte de l’intérêt global de tous. Un nouveau monde est à inventer à l’aide de l’intelligence et de l’humanité de l’homme.

Pendant des années, on nous a menti, on vous a menti et on va continuer à nous mentir, si on reste durablement anesthésié.

Fayez Nahabieh

Membre (Amis du Monde Diplomatique)

La Réunion France

Dimanche, 28.09.2008.

Références

www. nytimes.com. President Bush’s Speech to the Nation on the economic Crisis./ 25.09.2008.

www. nytimes.com. President Issues Warning to Americans. By Sherly GAY STOLBERG and DAVID M. HERSZENHORN./ 25.09.2008.

AP. Les négociations sont rompues. 25.09.2008.

www.lemonde.fr. L’attitude de McCain énerve le présentateur David Letterman. 25.09.2008.

Le canard enchaîné. Hervé Liffran. Une nouvelle gamelle pour les banques ? page : 3 /. Le 24.09.2008.

www.lesaffaires.com. Plan Paulson : un accord est intervenu. Presse canadienne. 25.09.2008.

www.lesaffaires.com. Le plan Paulson est compromis. Presse canadienne. 26.09.2008.

www.lesaffaires.com. Les banques tombent de nouveau en défaveur. 28.09.2008.

www.lesaffaires.com. FMI : des pertes de 1300 milliards. 26.09.2008.

www.lesaffaires.com. Bush reconnaît l’existence de désaccords sur le plan de sauvetage. 26.09.2008.

www.lesechos.fr. Bush monte une nouvelle fois au créneau pour défendre le plan de sauvetage. Pas d’auteur. 26.09.2008.

www.aljazeera.net. Pelosi : Le Congrès déciderait en deux jours.بيلوسي : الكونغرس قد يقر خطة الإنقاذ المالي خلال يومين

www.aljazeera.net. Bush : des désaccords tardent la signature. خلافات تؤجل تبني خطة لإنقاذ الاقتصاد الأميركي

www.aljazeera.net. Washington dévoile son plan de sauvetage. 21.09.2008.

Philippe WAECHTER- MARTIAL YOU. SUBPRIMES, LA FAILLITE MONDIALE ? Edition ALPHEE. JEAN-PAUL BERTRAND. Mai 2008.

ANNEXE

Voici la liste des 100 banques impliquées dans la faillite mondiale. Site financier Bloomberg. Nous y trouvons les banques françaises. La devise : en dollars.

Banks’ Subprime Market-Related Losses Reach $506 Billion : Table

By Yalman Onaran and Dave Pierson

Aug. 27 (Bloomberg) — The following table shows the $506.1 billion in asset writedowns and credit losses at more than 100 of the world’s biggest banks and securities firms as well as the $352.6 billion capital raised to cope with them.

Banques et Firmes Writedown & Loss Capital Raised

(Les pertes) (Augmentation de capital)

Citigroup Inc. 55.1 49.1

Merrill Lynch & Co. 51.8 29.9

UBS AG 44.2 27.9

HSBC Holdings Plc 27.4 3.9

Wachovia Corporation 22.7 11.0

Bank of America Corp. 21.2 20.7

IKB Deutsche Industriebank AG 15.1 12.4

Washington Mutual Inc. 14.8 12.1

Morgan Stanley 14.4 5.6

Royal Bank of Scotland Group Plc 14.3 23.4

JPMorgan Chase & Co. 14.3 9.5

Deutsche Bank AG 10.6 3.2

Credit Suisse Group AG 10.4 2.7

Wells Fargo & Company 10.0 4.0

Barclays Plc 9.9 18.1

Lehman Brothers Holdings Inc. 8.2 13.9

1. Credit Agricole S. 7.8 8.7

Fortis 7.3 7.1

Canadian Imperial Bank of Commerce* 7.2 2.8

Bayerische Landesbank 7.1 0.0

HBOS Plc* 6.9 7.3

ING Groep N.V. 6.8 4.7

2.Societe Generale 6.7 9.6

Mizuho Financial Group Inc. 5.9 0.0

National City Corp. 5.4 8.9

Indymac Bancorp Inc 4.9 0.0

Lloyds TSB Group Plc 4.8 4.8

WestLB AG 4.7 7.3

Dresdner Bank AG 4.0 0.0

BNP Paribas 3.9 0.0

Landesbank Baden-Wurttemberg 3.8 0.0

Goldman Sachs Group Inc. 3.8 0.6

E*TRADE Financial Corp. 3.6 2.4

Rabobank* 3.6 0.0

Nomura Holdings Inc. 3.3 1.1

3.Natixis 3.2 6.6

Bear Stearns Companies Inc. 3.2 0.0

HSH Nordbank AG 2.7 1.9

Landesbank Sachsen AG 2.6 0.0

UniCredit SpA 2.5 0.0

Commerzbank AG 2.3 0.0

ABN AMRO Holding NV 2.3 0.0

Bank of China Ltd 2.0 0.0

DZ Bank AG 2.0 0.0

Fifth Third Bancorp 1.9 2.6

Bank Hapoalim B.M. 1.7 2.4

Royal Bank of Canada 1.6 0.0

Mitsubishi UFJ Financial Group 1.6 1.5

Marshall & Ilsley Corp. 1.4 0.0

Alliance & Leicester Plc 1.3 0.0

U.S. Bancorp 1.3 0.0

Dexia SA 1.2 0.0

Bank of Montreal* 1.2 0.0

KeyCorp 1.2 1.6

4.Groupe Caisse d’Epargne 1.2 0.0

Hypo Real Estate Holding AG 1.2 0.0

Sovereign Bancorp Inc. 1.0 1.9

Gulf International Bank 1.0 1.0

Sumitomo Mitsui Financial Group 0.9 4.8

Sumitomo Trust and Banking Co. 0.7 1.0

DBS Group Holdings Limited 0.2 1.1

Other European Banks 7.4 2.2

(not listed above)

Other Asian Banks* 5.6 9.0

(not listed above)

Other US Banks 2.9 1.9

(not listed above)

Other Canadian Banks* 1.0 0.0

(not listed above)

________ ________

TOTAL 506.1 352.6

All the charges stem from the collapse of the U.S. subprime- mortgage market and reflect credit losses or writedowns of mortgage assets that aren’t subprime, as well as charges taken on leveraged-loan commitments since the beginning of 2007.

They are net of financial hedges the firms used to mitigate losses and pre-tax figures unless the bank only provided after-tax numbers. Credit losses include the increase in the provisions for bad loans, impacted by the rising defaults in mortgage payments.

Capital raised includes common stock, preferred shares, subordinated debt and hybrid securities which count as Tier 1 or Tier 2 capital as well as equity stakes or subsidiaries sold for capital strengthening. Capital data begins with funds raised in July 2007.

All numbers are in billions of U.S. dollars, converted at today’s exchange rate if reported in another currency. See WDCI Help pages for a list of the banks included in the Other European, Other U.S., Other Canada and Other Asia categories.

To contact the reporters on this story : Yalman Onaran in New York at yonaran@bloomberg.net ; Dave Pierson at dpierson@bloomberg.net.

Last Updated : August 27, 2008 12:13 EDT


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